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FRANCE | [Magnifique] VIEILLE VALETTE



La Vieille Valette


Ce village jadis abandonné, puis squatté - puis toléré puis payant loyer à l'ONF maître des lieux- depuis 35 années (premiers signes d'occupation illégale en 1991-92) est peut-être, sans doute même, la plus ancienne des "alternatives habitées" de France, la plus illustre car n'ayant pas perdue son âme libertaire, dans le sens large du terme, et son esprit communautaire, et, pour ne rien gâcher à l'histoire, la plus belle par ses demeures restaurées pas tout à fait à l'identique : sculptures et bas-reliefs, ferronneries artistiques soulignent l'originalité du lieu, et de leurs résidents permanents, qui se succèdent et laissent leurs demeures libres : pas de propriétaires ici !   Une pléiade d' "équipements communs" répondent aux habitations rebâties magnifiquement dont une grande scène extérieure, médiathèque, cuisine et cantine, salon, chambre d'hôtes, piscine, etc. L'autonomie recherchée est pratiquement faite : potagers, poulaillers, captage d'eau de source, et panneaux solaires assurent les besoins des résidents économes. 

Alors la communauté de la Vieille Valette a-t-elle réussie là où tant d'autres, depuis plus d'un siècle, ont échoué ? Assurément oui, même si l'on reconnaît que la vie en communauté est un exercice quotidien qui peut être difficile à gérer. 

Post scriptum (2026) :
Les nombreux commentaires, que nous vous invitons à lire sont assez instructifs quant à l'évolution - à priori, je souligne, très problématique - de ce lieu.... Merci, d'ailleurs, à Vous commentateurs de nous tenir informé.






1944-2014 | 70 années d'HABITAT Public en France




La brochure au format PDF
consultable en ligne ou téléchargeable,
est ICI. (Via Google Drive sécurisé).


1944 - 2014
70 années d’Habitat public

70 années de politique de l’habitat depuis le premier Ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme créé en 1944, ont fabriqué un système de pénurie permanente, un processus de reproduction des inégalités et de relégation spatiales dont les conséquences en 2014 irradient maints autres domaines de la société : crise exceptionnelle du logement touchant 10 millions de français, reléguant 3,5 millions de français dans des conditions de pénibilité résidentielle, 700.000 sans abri et très mal-logés dans les «zones grises» du logement (ces chiffres proviennent du rapport mal-logement 2014 de la Fondation Abbé Pierre), saturation des Centres d’hébergement et d’urgence, réapparition sous diverses formes de l’habitat précaire et de micro-bidonvilles, précarité énergétique, crise latente des quartiers dits «sensibles» irrésolue depuis 1981, mobilité résidentielle plus restreinte et réduction des surfaces habitables dans les programmes neufs de logements HLM, et au contraire augmentation des loyers des charges, et des temps de déplacement, etc., faisant contraste saisissant avec l’embourgeoisement des quartiers populaires des centres-villes, et les gated communities périphériques des classes aisées. À cet inventaire non exhaustif, s’ajoute encore un «cadre de vie» dégradé, régulièrement dénoncé par la presse et l’édition : celui d’une «France moche» ou «défigurée».

Comment et Pourquoi, la France, grande puissance économique, est-elle parvenue à de tels exploits ? Les historiens de l’économie urbaine - libéraux, marxistes et néo-marxistes - isolent ainsi les grandes causes de la révolution urbaine française et de ses maux, initiée après la seconde guerre mondiale :

ANTI-URBANISME et ECOLOGIE | Chronologie





« Non ! le présent ne songe qu'à lui.
Il se moque de l'avenir aussi bien que du passé. Il exploite les débris de l'un et veut exploiter l'autre par anticipation. Il dit : ''Après moi le déluge !’' ou, s'il ne le dit pas, il le pense et agit en conséquence. Ménage-t-on les trésors amassés par la nature, trésors qui ne sont point inépuisables et ne se reproduiront pas ? On fait de la houille un odieux gaspillage, sous prétexte de gisements inconnus, réserve de l'avenir. On extermine la baleine, ressource puissante, qui va disparaître, perdue pour nos descendants. Le présent saccage et détruit au hasard, pour ses besoins ou ses caprices .»
Auguste BLANQUI
La critique sociale
1885




Le présent ouvrage est une chronologie sommaire de l’histoire des rapports entre l’Homme, la Ville et la Nature en France, pour cette large période débutant de la construction de Versailles - ville neuve verte - qui appartient pleinement à la doctrine anti-urbaine, pour se clore avec le gouvernement de Pétain, allié des nazis, également urbaphobes - et urbicides, sur le modèle irréel de Mussolini, précurseur moderne de l’anti-urbanisme autoritaire. D’aucun pourront considérer qu’il est d’une ambition démesurée ; mais, plus modestement, et de manière plus pragmatique, fidèles en ce sens au bricolage inter-trans-disciplinaire que nous avons déjà éprouvé, cette esquisse a été conçue selon les propos de Fustel de Coulanges :
« À en croire certains esprits, il faut borner le travail à un point particulier, à une ville, à un événement… J’appellerai cette méthode le spécialisme. Elle a son mérite et son utilité, elle peut réunir sur chaque point des renseignements nombreux et sûrs. Mais est-ce bien là le tout de la science ? Supposez cent spécialistes se partageant par lots le passé de la France ; croyez-vous qu’à la fin ils auront fait l’histoire de la France ? J’en doute beaucoup : il leur manquera au moins le lien des faits, or ce lien est aussi une vérité historique. » (L’esprit de doute, le spécialisme. Leçon d’ouverture à la Sorbonne).

Un des liens les plus remarquables qui émerge et qui marque cette longue période, est la doctrine anti-urbaine, déclinée sous sa forme la plus radicale en utopies, ou avec plus de modération ou de réalisme en idéologies. L’anti-urbanisme n’est pas une critique contre la ville, mais bien contre leur développement sans fin, leur gigantisme, c’est une remise en cause radicale du fait urbain en tant que tel, et surtout, des relations dépravées, dénaturées entre la trilogie Ville-Homme-Nature ; c’est une proposition alternative au développement urbain non maitrisé, une proposition d’harmonie ou d’équilibre entre Nature et Urbanité, d’une ville autre dotée d’une physionomie autre: lorsque Ebenezer Howard conçoit sa cité-jardin théoriquement habitée par 32.000 habitants, il s’agit bien là d’une ville - une cité - à part entière.


D’où la difficulté de rendre définissable et d’utiliser à bon escient le mot, ou plutôt la notion d’anti-urbanisme et ses dérivés : l’urbanophobie (ou urbaphobie), le désurbanisme, l’anti-croissance (no growth) ou la dé-croissance, la ruralophilie, le naturalisme urbain, la déconcentration urbaine, etc., et dans une moindre mesure l’agoraphobie, et dans un autre registre, l’urbicide et l’écocide. Il serait même possible de le définir dans certains cas, en tant qu’ « urbanisme organique », en référence à l’architecture du même nom - opposée à l’architecture dite fonctionnelle -, pour qui la Nature n’est plus seulement un objet de connaissance, ou bien de modèles, mais de responsabilité, et qui se veut d’être à la mesure humaine avant d’être humaniste.

Quantité Qualité

Anti-urbanisme, sous ce nom - qui ne figure pas dans les dictionnaires - s’accumule une somme d’expériences historiques plus que ne se profile la rigueur d’un concept unique. Elles ne forment pas un corps doctrinal qui relèverait de telle ou telle méthode, de telle ou telle discipline spécialisée : la philosophie, la politique et l’économie politique, l’écologie, la sociologie, l’urbanisme, l’architecture, etc., tout autant que la morale et la religion ; mais l’un de leur principe commun appelle à une harmonie entre les hommes d’une même cité, et d’autres cités soeurs, et un juste équilibre avec leur environnement naturel : pour y parvenir, les cités anti-urbaines (sic), à divers degrés, entendent établir une limitation stricte du nombre d’habitants. La doctrine de l’anti-urbanisme prend donc comme postulat que l’homme n’est plus maître du dessin et du destin d’une ville, des habitants et de son environnement, au-delà d’un certain seuil d’habitants propriétaires ; le problème est éludé par la déconcentration en bâtissant d’autres cités lointaines qui doivent former ensemble un réseau solidaire ; et à la gestion parfaite de la démographie urbaine, s’ajoute pour nombre d’utopies anti-urbaines, la solution préconisée pour certaines, la condition sine qua none pour d’autres : la complète maîtrise des sols par une autorité supérieure, morale, éthique ou politique. C’est une théorie de l’équilibre qui construit les cités idéales : le rapport Quantité Qualité, où l’on tient pour acquis qu’elles sont des entités proportionnelles ou relatives entre elles. L’historien Giulio Carlo Argan affirmait :
« La relation - autrefois proportionnelle, aujourd’hui antithétique - entre quantité et qualité est à la racine de toute la problématique urbanistique occidentale.» (De Storia dell’arte come storia della città, 1983).



ARCHITECTURE | ECOLOGIE en FRANCE | 1944 - 1968





Cette analyse se consacre à l'histoire des rapports entre l'architecture et l'écologie, de l'après seconde guerre mondiale à la crise de 1973. Ce n'est pas l'histoire des formes architecturales que nous présentons ici, mais ce qui a contribué à les faire émerger des débats, les conditions - politique, technologique - dans lesquelles les nouvelles architectures prenant en compte d'une manière l'autre des considérations écologiques et environnementales viennent à naître, à disparaître, à réapparaître, et tout ce qu'elles sous-entendent. Un exercice qui exige de superposer à l'histoire de l'architecture d'autres histoires d'autres domaines. Cette recherche historique se justifie, si elle doit l'être, car elle reste à écrire ; l’histoire de l'architecture, et aujourd'hui sa critique, se déclinent le plus souvent au travers d'études et d’analyses d’experts couvrant des domaines particuliers, des périodes limitées. Nous préférons un autre mode de lecture, celui de l'interaction des théories des avant-gardes architecturales, des grands esprits de l'époque, des mises en garde des écologistes et des aspirations populaires, de l'interaction du réel et de l'utopie là où l'Etat décide et commande ; de la nécessité de théoriser la complexité plutôt que la simplifier : il serait trop simpliste d'expliquer de manière automatique, rationnelle, tout ce qui a nourri l'émergence des nouvelles avant-gardes architecturales, le principe de cause à effet serait réducteur, comme il serait erroné d'isoler, de rendre autonome leurs pensées.

C'est pour ces raisons que nous avons préféré établir une chronologie détaillée et thématique plutôt qu'une explication forcément subjective, méthode plus objective qui laisse apparaître à la fois les différences profondes entre les acteurs, leur éloignement ou leur distanciation, leurs contradictions et leurs intersections, et qui révèle toute leur complexité et leur pluralité. Ainsi, comme à notre habitude, et à contre-courant, la chronologie que nous présentons s’intéresse aux disciplines propres, extérieures et lointaines gravitant autour du domaine de l’écologie urbaine et architecturale, dans une synthèse relevant davantage du bazar, que de la perfection scientifique rigoureuse.

Pourquoi, en effet, ne pas mentionner Le domaine des Dieux (qui s'adressait aux architectes) et Idefix (premier toutou écolo), créés par Goscinny et Uderzo, pour mesurer l'état d'esprit d'une France critique envers ses élites bâtisseuses de modernité... et ses architectes_! Une France manifestement mécontente des grands travaux de l'Etat, du laisser-faire spéculatif, qui donna naissance à deux mouvements de lutte d'ampleur : la lutte pacifique et encore célèbre du Larzac, et celle bien moins évoquée, car armée, des nationalistes corses ; tandis qu'à Paris, les z-écolos exigeaient déjà , eux, la vélo-libération des quais.

Dans le titre général de cette brochure est stipulé EN FRANCE ; limite qui aurait certainement réduit des deux tiers les pages de cette brochure ; car en effet, si dans le monde de l'écologie scientifique, philosophique, et donc de la contestation, la France disposait d'un capital intellectuel de premier ordre, il n'en était pas de même pour le monde de l'intelligentsia architecturale et urbaine ; cette pénurie française, et intellectuelle et de praticiens accordant un grand intérêt - à nos yeux en tout cas - aux questions environnementales et écologiques, nous a donc conduit à franchir des frontières pour y trouver les sources de l'architecture écologique, de l'urbanisme environnemental, théorisés après la seconde guerre mondiale.





Le Corbusier
Ville parc
1930


Bornes Urbaines Anti-Echec & Urbanautes


« Ceux qui disent ''la crise est conjoncturelle et tout va s'arranger'',
sont non seulement des menteurs,
mais comme vous dites des négationnistes. »
Paul Virilio | 1997

Un lecteur nous adresse ce texte-commentaire, concernant le concours d'architecture "Balises de Survie" organisé par l’urbaniste Paul Virilio et l’architecte Chilpéric de Boiscuillé en 1993-94, reproduit dans le chapitre intitulé Un témoignage. Nous rappelant qu'il y a 20 ans, la gente estudiantine pouvait encore réagir contre un tel degré Zéro de l'architecture : " Nous étions moins… comment dire ? moins feutrés !"


L'architecture de survie 
en milieux urbains hostiles


À l'orée des années 1990 est inventé un nouveau domaine particulier de l'architecture humanitaire, inconnu auparavant : l'architecture de survie en milieux urbains hostiles destinée aux sans-abris, qui se caractérise par une réduction drastique des échelles d'intervention, de temps et de coût. Des démarches isolées ou de concepteurs regroupés au sein d'associations, s'inspirent tout à la fois des pratiques ingénieuses observées dans la rue, et des propositions faites par les architectes italien, anglais et autrichien du mouvement « radical » qui, pour d'autres raisons, détournaient de leur fonction initiale les technologies de la Nasa, combinaisons spatiales, capsules Appolo, véhicules et autres équipements conçus pour la survie et l'autonomie de l'homme dans l'environnement spatial. Ainsi de nouveaux « objets » architecturés apparurent dépassant le stade des traditionnels abris auto-construits : l'habitacle, balise, living capsule et kit de survie, les niches mobile ou nomade, les combinaisons de protection individuelle, body capsules, habit-acles et habits-abris, les ready-made refuges, les maisons-valises, les Houseless pour Homeless, etc. 

Claude DITYVON


Bidonville de la Courneuve | 1966 - 67



Mai 68


CLAUDE DITYVON 
[1941 - 2008 ]


« J'avais envie d'évasion, de terrains d'aventure : le bidonville de la Courneuve me permit de rencontrer un montreur d'ours et sa famille. Autour des pneus abandonnés qui flambaient, des gosses hirsutes, sauvages ricanaient de moi. Au delà des baraquements construits à la va-vite se dessinaient de longues chaînes d'immeubles HLM. En échange de quelques vêtements, je fus admis sur leur territoire. Mes premières images furent intenses, sans misérabilisme. Cette expérience m'apprit beaucoup. Sans le savoir je traçais déjà et définissais une écriture visuelle. Je m'inventais un regard. »



THOMAS HIRSCHHORN




Musée précaire Aubervilliers 2004 | Photo : Les laboratoires d'Aubervillers


« Je ne fais pas un travail politique,
je travaille politiquement.»

Thomas Hirschhorn

En 2004, l'artiste Thomas Hirschhorn inaugure avec les habitants de la cité Albinet, dans le quartier du Landy, à Aubervilliers, à un jet de pierre du Stade de France, le Musée Précaire Albinet. Un musée provisoire (avril - juin 2004)  présentant successivement des oeuvres originales de huit artistes : Kasimir Malevitch, Salvador Dali, Le Corbusier, Piet Mondrian, Fernand Léger, Marcel Duchamp, Joseph Beuys et Andy Warhol. Des oeuvres prêtées par le Centre Georges Pompidou et le Fonds National d'Art Contemporain : des oeuvres au pied d'une barre HLM, dans un Algeco prolongé par des constructions de bric et de broc, dont la vocation était de « faire exister l’art au-delà des espaces qui lui sont consacrés » : L’important était d’avoir arraché des tableaux originaux d’une valeur inestimable, commente le provocateur *.

Musée précaire Aubervilliers 2004 | Photo : Les laboratoires d'Aubervillers

Gabriele BASILICO

Beyrouth 1991

Gabriele BASILICO

Ce grand « Photographe d’architecture » né à Milan est décédé en ce 13 février 2013.


Monument | Détournements



Qui modèle l’espace public ? Les émergences spontanées sont-elles si nombreuses qu’il faille brider les initiatives ? Nous reconnaissons que dans le contexte de surveillance généralisée et d’angoisse sécuritaire, l’Embrèvement n°3 ait quelques raisons d’inquiéter.
 Collectif Aéroporté | 2007



Les tribulations de Feu Charles Fourier, 
place Clichy à Paris.

Le 4 juin 1899, est inauguré la statue de Charles Fourier sur le boulevard de Clichy à Paris, oeuvre du sculpteur anarchiste Emile Derré. Ce monument a été érigé grâce à une souscription lancée en 1896, par les membres de l'Ecole sociétaire et de l'Union phalanstérienne. 


CARACAS : Guérilla Communicationnelle

Collectif Guerrilla comunicacional 

Le collectif Guerrilla comunicacional à Caracas, s'inscrit dans la stratégie « Trueno comunicacional » [Tonnerre de la communication] imaginée par le gouvernement du  Président Hugo Chavez, afin  de combattre le monopole et d'opposer une contre-propagande aux médias privés - chaînes de télévision et grands quotidiens - hostiles à la Révolution. Leurs actions ne s'arrêtent pas à couvrir les murs de Caracas et des villes de province,  de [magnifiques] slogans et d'images glorifiant la Révolution - plus que Chavez - : leurs membres forment de jeunes adolescents aux différentes techniques du street art, au sein d'ateliers. Ils nous offrent ce Manual de producción comunicacional destiné à vous en apprendre les rudiments.

Marseille, 2 sculptures sociales de Marc Boucherot

La vie en Rose, Marseille, Boucherot et les habitants du quartier [extrait vidéo]

Les liens qui unissent le champ artistique et la contestation politique et sociale sont à la fois étroits et multiples, de la littérature précieuse au simple graffiti, de l'artiste Banski au groupe Rage Against The Machine ;  l'art accompagne la contestation politique dans son rôle premier de démolition de l'ordre établi. Il ne peut être question de reléguer l'art de la contestation à une action secondaire et inconséquente. Une contestation qui doit s'effectuer partout, en même temps et par Tous. Aujourd'hui, l'engagement du groupe d'artistes russes Voïna est, sans aucun doute, le plus virulent politiquement, ce qui ne l'empêche pas de manier l'ironie et l'humour, de même pour le street artist anglais Bansky.

Liu BOLIN 刘勃麟 : Camouflage urbain


Liu Bolin [刘勃麟 ] est un artiste contemporain chinois né en 1973 dans la province du Shandong, diplômé de l'Institut Shandong Arts. Il a déménagé à Beijing en 1999 pour étudier la sculpture avec  Sui Jiangou à l'Académie Centrale des Beaux-Arts, où il a reçu un Master of Fine Arts en 2005. 

Slinkachu, "The Little People Project"



Slinkachu est un artiste anglais basé à Londres, dont l'oeuvre est de mettre en scène, dans les rues, des figurines miniatures et des objets les plus anodins qui peuplent notre quotidien... à l'échelle nano. L'artiste photographe nous révèle ainsi des paysages insoupçonnés et terrifiants à la fois et éveille notre attention à un monde -oublié- infiniment petit pour mieux appréhender la beauté, la banalité ou la laideur d'une plus grande échelle, celle de nos rues. Pas de message politique ou de critique sociale, mais une oeuvre surprenante que nous apprécions...

L'art dans le metro de STOCKHOLM





Le métro de Stockholm est un véritable musée d'art moderne : pour le prix d’un simple ticket, les usagers peuvent admirer non pas les affichages publicitaires mais sculptures, mosaïques, peintures, installations, inscriptions et reliefs dans la quasi-totalité des stations. Ici, la culture s'est emparée des espaces souterrains dédiés aux transports publics,  empruntés par des millions de personnes, considérés comme des lieux à part entière dans la ville et non comme des espaces/supports de publicité. L'un des enjeux est de démocratiser l'art contemporain, de le rendre accessible  dans le quotidien et moins élitiste en le rapprochant du peuple. Non seulement l’art sort des musées et des galeries pour être exposé dans le métro, mais le métro est conçu en lui-même comme un terrain d’expression artistique aussi important qu'un Musée d'Art Contemporain. 


BANKSY






BLEK Le Rat



JR = Artiviste urbain




Ernest Pignon-Ernest

BREST 2006


« Je n’ai pas du tout l’illusion d’une action effective, d’une espèce d’efficacité de mes images. Il ne s’agit pas d’affiches, je ne porte pas de mot d’ordre (…). Je n’ai pas cet objectif de réaliser des images engagées qui interviendraient sur la vie des gens. (…) C’est pas le thème qui fait, c’est plutôt la façon
d’appréhender les réalités, de s’inscrire dedans plutôt que les thèmes. »




Ernest Pignon-Ernest né en 1942 à Nice, est autodidacte, et débute sa vie professionnelle en gagnant sa vie en dessinant des plans de maisons pour des architectes et des affiches pour le cinéma ou des organisations (syndicats, partis politiques…). 
Depuis le milieu des années 1960, il intervient principalement dans l’espace urbain en installant des images d’hommes et de femmes à taille réelle dans des lieux publics, en dehors de musées. Une de ses premières oeuvres est installée en 1966 sur les routes conduisant au Plateau d’Albion, au moment de la construction des silos souterrains prévus pour abriter les missiles. Elle consiste en une série de pochoirs dérivés des ombres portées d’Hiroshima et de Nagasaki, ces silhouettes humaines projetées sur les murs par le flash nucléaire. En 1971, Ernest Pignon-Ernest interviendra pour le centenaire de la Commune de Paris en collant des sérigraphies de "gisants" dans des lieux de "lutte" historique de la capitale [Lire notre article], et s'opposera en 1974 contre le jumelage de sa ville natale, Nice avec Le Cap, ville de l'Afrique du Sud. À la demande du Comité spécial des Nations-Unies contre l’apartheid, il a été l’un des promoteurs avec Jacques Derrida et Antonio Saura du projet collectif « Artistes du Monde contre l’apartheid » conduit entre 1981 et 1996. 


Niki de Saint Phalle, Giardino dei Tarocchi



Giardino dei Tarocchi

Je te parlais de Gaudi et du Facteur Cheval que je venais de découvrir et dont j’avais fait mes héros : ils représentaient la beauté de l’homme, seul dans sa folie, sans aucun intermédiaire, sans musée, sans galeries.

Je te provoquai en te disant que le Facteur Cheval était un bien plus grand sculpteur que toi. « Je n’ai jamais entendu parler de cet idiot, dis-tu. Allons le voir tout de suite. » Tu insistais. C’est ce que nous fîmes et la découverte de ce créateur marginal t’apporta une immense satisfaction. Tu fus séduit par la poésie et le fanatisme de ce petit postier qui avait réalisé son rêve immense et fou.

Niki de Saint Phalle, lettre à Tinguely.