Territoire et Villes en Chine Maoïste
FRANCE | [Magnifique] VIEILLE VALETTE
La Vieille Valette
Ce village jadis abandonné, puis squatté - puis toléré puis payant loyer à l'ONF maître des lieux- depuis 35 années (premiers signes d'occupation illégale en 1991-92) est peut-être, sans doute même, la plus ancienne des "alternatives habitées" de France, la plus illustre car n'ayant pas perdue son âme libertaire, dans le sens large du terme, et son esprit communautaire, et, pour ne rien gâcher à l'histoire, la plus belle par ses demeures restaurées pas tout à fait à l'identique : sculptures et bas-reliefs, ferronneries artistiques soulignent l'originalité du lieu, et de leurs résidents permanents, qui se succèdent et laissent leurs demeures libres : pas de propriétaires ici ! Une pléiade d' "équipements communs" répondent aux habitations rebâties magnifiquement dont une grande scène extérieure, médiathèque, cuisine et cantine, salon, chambre d'hôtes, piscine, etc. L'autonomie recherchée est pratiquement faite : potagers, poulaillers, captage d'eau de source, et panneaux solaires assurent les besoins des résidents économes.
Alors la communauté de la Vieille Valette a-t-elle réussie là où tant d'autres, depuis plus d'un siècle, ont échoué ? Assurément oui, même si l'on reconnaît que la vie en communauté est un exercice quotidien qui peut être difficile à gérer.
LES ARCHITECTES - UTOPIES & REALITES
SITE - James Wines
Projet d'immeuble résidentiel de grande hauteur
1981
HENRI LEFEBVRE | Réflexions sur la politique de l'espace | 1970
Dès son premier article dans le premier numéro de la revue Espaces & Sociétés, à l'époque véritable bulldozer contre capitalisme et technocratie, Lefebvre nous parle de la destruction par l'homme de la "Nature" : un réquisitoire vieux de 56 années.
" Je répète donc qu'il y a politique de l'espace, parce que l'espace est politique."
Henri LEFEBVRE
Réflexions sur la politique de l'espace | Extrait
Espaces et sociétés | n° 1 novembre 1970
(...) Pendant toute la période qui vient de se terminer, la nature, c'était une espèce de symbole poétique, négligeable ou relégué au deuxième plan, qui désignait on ne savait pas trop quoi, un résidu, un quelque chose apparaissant ici ou là, échappant à l'action rationnellement conduite. Or on sait que la nature· elle aussi est façonnée, modelée, transformée, qu'elle est dans une large mesure un produit de l'action que le visage de la terre lui-même, c'est-à-dire le paysage, est œuvre humaine. La nature aujourd'hui encore passe dans une certaine idéologie pour simple matière de la connaissance et pour l'objet des techniques.
Elle est dominée, maîtrisée. En tant que maîtrisée et dominée en elle-même, elle s'éloigne. Or on s'aperçoit tout à coup qu'en étant maîtrisée, elle est ravagée, menacée d'anéantissement et menaçant du même coup l'espèce humaine, encore liée à la nature, de se voir entraînée dans l'anéantissement. D'où la nécessité d'une stratégie. Voilà la nature politisée. Et cela ne donne pas lieu à une réflexion simplement technique ou épistémologique ou philosophique, mais à une double critique, la critique de droite et la critique de gauche.





