Affichage des articles dont le libellé est BRUXELLES. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est BRUXELLES. Afficher tous les articles

BELGIQUE | Cellules Communistes Combattantes




Cellules Communistes Combattantes
Entretien avec Bertrand Sassoye
2013


L'histoire de la guérilla révolutionnaire en Europe de l'Ouest fait toujours l'objet d'un véritable refoulement. Les causes de cette amnésie proviennent, à divers degrés selon les pays, d'un cadre législatif oppressif, limitant le droit aux anciens militants de s'exprimer sur leur passé révolutionnaire (en France de “s’abstenir de toute intervention publique relative à l’infraction commise”[1]), interdisant la remise en question de l'historiographie “officielle” (en Allemagne ceux qui affirment publiquement que les prisonniers de la Fraction Armée Rouge détenus à Stammheim ont été «  suicidés  » peuvent être poursuivis et condamnés suivant le §90a du code pénal ''insulte à l'Etat'' ou suivant le §129 “propagande pour une organisation terroriste”), ou bien encore en accordant une remise de peine à un prisonnier politique qui renie publiquement son engagement dans la “violence armée”, le "terrorisme" (en Italie, loi sur la “dissociation” de 1987).

Cette forme insidieuse d'état d'exception laisse ainsi aux journalistes, spécialistes et historiens anti-révolutionnaires (capitalistes et communistes), la plus grande liberté d'expression, refusée à d'autres, un espace public hégémonique – dans le sens de Gramsci - pour l'élaboration, la production historiographique, mémorielle – et “émotionnelle” - d'un passé conforme à l'idéologie dominante [2] et pour sa diffusion. Cette hygiénisation ou hypertrophie historiographique complète les dispositifs judiciaires visant à littéralement s'acharner contre d'anciens militants aujourd'hui inoffensifs citoyens (les extraditions par exemple), à les maintenir en prison pendant des décennies (24 ans pour Jean-Marc Rouillan, 30 ans pour Georges Ibrahim Abdallah, etc.). Au-delà, l'«  affaire Tarnac  » démontre à l'évidence, l'appréhension des gouvernements de voir surgir des cendres politico-idéologiques d'hier, des groupes radicaux, ou selon le philosophe Agamben «  que les peuples eux-mêmes se radicalisent devant l'évident scandale qu'est l'ordre présent des choses.»


BELGIQUE | Starchistem


Rem Koolhaas | Drapeau Europe

Le moral nécessaire
Gwenaël Breës
Kairos, journal antiproductiviste pour une société décente
novembre 2012

Depuis quelques années, des vedettes de l’architecture dessinent de «grands gestes» à Bruxelles et dans d’autres villes belges… Mais en quoi cette déferlante d’architectes côtés (en bourse ?) est-elle un gage d’intelligence, de démocratie, de durabilité ou de qualité ?

Bruxelles est marquée de longue date par un mouvement chaotique de démolition de son bâti historique. Il fut un temps pas si lointain où tous les grands projets immobiliers étaient portés par quelques sociétés faisant systématiquement appel aux mêmes bureaux d’architecture, lesquels reproduisaient des formes guidées davantage par la rentabilité maximale que par l’intégration dans le tissu urbain. La situation fut à ce point caricaturale que certaines parties de la ville, tel le quartier européen, semblent avoir fait l’objet d’une répartition concertée entre quelques promoteurs et architectes avec la bénédiction des pouvoirs publics. Le paroxysme du ridicule fut atteint à la fin des années ’80 lorsqu’il fut décidé, intérêt national oblige, que la construction du Parlement européen devait être l’œuvre d’un consensus politique et immobilier : pour contenter tout le monde et pallier l’absence d’un projet public, une société immobilière fut créée avec des banques d’obédiences laïque et chrétienne, ainsi qu’un atelier d’architecture réunissant les habituels bureaux bruxellois. Aujourd’hui, on peut juger sur pièce du résultat…

Bruxelles | l’Urbanisme du Sacrifice




Bruxelles-Midi, l’urbanisme du sacrifice et des bouts de ficelle

Gwenaël Breës
Publié par les  éditions Aden | Mai 2009 


La grande rareté d'ouvrages d'investigation de cette qualité concernant le domaine de l'urbanisme politique, nous invite à vous intéresser à ce livre reportage. Le journaliste n'hésite pas à dénoncer, preuves à l'appui, les "manigances" et les ruses des hommes politiques pour parvenir à la démolition d'une grande partie d'un quartier populaire et bâtir un ensemble tertiaire à haut profit pour les investisseurs, les "vautours" précise l'auteur.

BELGIQUE | Intérieurs



François Hers, photographe belge, est le cofondateur, en 1972, de l'agence Viva, dont la marque de fabrique,  est à la fois un engagement social fort et une volonté de promotion des photographes comme auteurs. Cette série de photographies s'attaque à un sujet peu traité* : l'univers domestique de logements sociaux. 



François HERS | 1979

En 1979, j'ai reçu en tant que photographe la commande officielle d'une étude sur le logement social dans la partie wallonne de la Belgique depuis 1945. Après un premier repérage, je n'ai rien relevé de particulier dans les modes de construction que l'on me demandait d'analyser par l'image, si ce n'est la quantité et la qualité. Par contre, la visite de quelques maisons a déterminé l'orientation que je devais donner à ce travail : la violence avec laquelle les habitants prenaient possession de l'espace qui leur était donné, par les matériaux, les couleurs, l'accumulation, et tout à la fois, l'aspect du décor sans trace d'usage quotidien, m'ont beaucoup impressionné.

Je me suis donc concentré sur les intérieurs des maisons et des appartements, et j'en ai visité plus de cent cinquante. J'en ai systématiquement photographié chaque pièce, depuis les caves jusqu'au grenier, en passant par les chambres. J'ai opté pour une image couleur, employant toujours la même optique, et un éclairage au flash direct, pour que tous les éléments du décor aient la même valeur et qu'aucune ambiance particulière ne soit privilégiée. C'est pour cette même raison qu'aucun habitant ne figure dans mes photos. 




Belgique | Nucléaire Urbain

Image du film de Michelangelo Antonioni | Il Deserto Rosso | 1964

La situation belge est unique au monde. 
Dans un rayon de 20 km autour de la centrale nucléaire de Doel 
vivent, sur le sol belge, plus de 900.000 personnes

En cas de catastrophe nucléaire, deux dangers menacent les populations : les radiations directes provenant du réacteur, et tout aussi dangereux, les nuages chargés de particules radioactives s'en échappant. Les scientifiques estiment qu'une zone d'évacuation est nécessaire, d'un rayon compris entre 10 et 30 kilomètres pour échapper aux radiations ; au-delà de ce périmètre, l'évacuation est inutile, mais les populations doivent se prémunir des nuages radioactifs se déplaçant au gré du vent.


Urbanisme | C’est arrivé près de chez vous




Les gens, ils aimeraient pouvoir s’arrêter et dire : 
« tiens, quel beau parterre ! », « quelle magnifique asymétrie ! » et 
« oh, quelle belle tonalité de brique ! ». 
Mais on ne leur en donne pas l’occasion non plus ! 
Alors ils préfèrent rester devant leur téléviseur, et c’est dommage.



Détente estivale avec :

C’est arrivé près de chez vous
Film belge de Rémy Belvaux 
André Bonzel et Benoît Poelvoorde | 1992

“ Tu vois, ici on est dans un quartier à majorité de vieilles personnes. C’est-à-dire que les urbanistes conçoivent des logements dits «sociaux». Hein. C’est-à-dire, des logements faits pour les jeunes, pour les jeunes couples qui démarrent, hein, pour les ouvriers, pour les ménagères, mais aussi peut-être pour les chômeurs, hein. Tout ceci dans le plan d’une restructuration des plans de secteurs visant à vaincre la solitude du troisième âge en l’intégrant à la population active. C’est une chouette idée. Mais là où je ne suis pas d’accord, et c’est là qu’est la faille, c’est : comment peut-on concevoir des habitations sociales sans la moindre recherche esthétique ?! Ca, ça n’est pas possible, hein ?! Je suis désolé, allez ! Hein !

L'embourgeoisement de Bruxelles




Bruxelles en mouvements

n°246,  mars 2011


La « mixité » est une vertu cardinale à Bruxelles, servant de leitmotiv politique, d’outil de séduction par les promoteurs, d’argument tout prêt pour les journalistes. L’actuel PRD (plan régional de développement) est sans ambiguïté à cet égard : « Contrairement à la ville américaine, l’idéal de ville européen se fonde sur une mixité des fonctions et des populations. Cet idéal doit être cherché dans une ville capable de se renouveler et de créer une plus-value par rapport à l’attractivité de la périphérie ». Cette valeur est tellement cardinale que proposer de la discuter vous vaut ipso facto de subir la suspicion de n’être qu’un partisan du repli sur soi, de l’enfermement, du ghetto. Et le « débat » de s’arrêter là, avant même qu’il n’ait pu s’enclencher.

Bruxelles en Mouvements


Nous vous recommandons particulièrement la revue Bruxelles en Mouvements consacrée à l'urbanisme pour la qualité des articles et l'attitude critique des auteurs contre le politique mais aussi -chose rare- contre les architectes de réputation internationale. Le principal intérêt de cette revue est qu'elle est éditée par l'association indépendante Inter-Environnement Bruxelles, qui fédère 80 comités de quartier et groupes d’habitants qui agissent pour améliorer la qualité de la vie à Bruxelles. Son Conseil d’administration est composé de représentants pluralistes des comités de quartier et associations membres. Le président est Gwenaël BREËS, l'auteur du livre reportage Bruxelles, l'urbanisme du sacrifice, que nous avons présenté ici. Enfin, ce périodique est téléchargeable gratuitement au format pdf [sauf le dernier]. Une excellente initiative pour une véritable mine de contre-informations concernant notre Capitale européenne. Bravo !