La classe ouvrière russe de 1917 était l'une des merveilles de l'histoire. Petite numériquement, jeune, inexpérimentée, inéduquée, elle était riche en passion politique, en générosité, en idéalisme et en qualités héroïques rares. Elle avait le don de rêver d'avenir et de mourir au combat d'une mort héroïque.
Deutscher
The prophet armed
Cet article présente succinctement le rôle des comités de quartier à Petrograd pendant la révolution, avant leur institutionnalisation par les bolchéviks -février 1917 / janvier 1918-, et leur rôle dans la stratégie politique et militaire élaborée par Lénine. C'est un exercice difficile car peu de documents retrace leur quotidien, au-delà de l'idéologie et des querelles partisanes. C'est aussi un sujet délicat car il -les soviets ou conseils ouvriers- représente un des points de discorde -sinon le point fondamental- entre les idéologies des groupes radicaux ou non de la Gauche. Ce texte tente de dépasser ces antagonismes pour se consacrer uniquement -autant que possible- aux faits historiques. En considérant en premier lieu l'homme anonyme, dans sa grandeur et ses faiblesses, qui s'inscrivent dans l'hypothèse de l'historien Marc Ferro d'une plébéianisation du pouvoir par le bas, et notamment au sein des conseils de quartier. Ou comment de simples citoyens -révolutionnaires ou non- devenus permanent dans les comités – soviets-, deviendront par la suite les futurs apparatchiks dans les organes supérieurs de gestion de l'Etat. Tout ceci a fait l'objet d'études et de profondes discordes mais tous reconnaissent que ce qu’il faut bien appeler la « dégénérescence » -ainsi nommée par l’historien Oskar Anweiler- des soviets institutionnalisés mériterait une discussion longue et approfondie – et sans doute non partisane- dont la place n’est malheureusement pas ici.


























