Pierre BOURDIEU | Mythe Pavillonnaire




Les illustrations accompagnant le texte de Bourdieu ne sont pas disponibles, mais toutes représentaient le siège social de Bouygues à Guyancourt : Challenger, monstruosité architecturale aussi prétentieuse qu'hideuse.  Le choix de Bourdieu s'explique, bien sûr, par le fait que Bouygues est un des principaux constructeurs-promoteurs du secteur de la maison individuelle, mis à l'honneur par le ministre Chalandon, et devant remplacer l'architecture inhumaine des grands ensembles d'habitat. Bouygues et d'autres promoteurs en feront, à nouveau, des opérations hautement lucratives, et les pavillons mitoyens de lotissements comporteront à peu près toutes les servitudes du HLM. 


Pierre Bourdieu
Un signe des temps
Actes de la recherche en sciences sociales | 1990

Ce qui sera évoqué, tout au long de ce travail, c'est un des fondements de la misère petite-bourgeoise ; ou plus exactement, de toutes les petites misères, toutes les atteintes à la liberté, aux espérances, aux désirs, qui encombrent l'existence de soucis, de déceptions, de restrictions, d'échecs et aussi, presque inévitablement, de mélancolie et de ressentiment. Cette misère-là n'inspire pas spontanément la sympathie, la pitié ou l'indignation que suscitent les grandes rigueurs de la condition prolétarienne ou sous-prolétarienne. Sans doute parce que les aspirations qui sont au principe des insatisfactions, des désillusions et des souffrances du petit bourgeois semblent toujours devoir quelque chose à la complicité de celui qui les subit et aux désirs mystifiés, extorqués, aliénés, par lesquels, incarnation moderne de l'Héautontimoroumenos*, il conspire à son propre malheur. En s'engageant dans des projets souvent trop grands pour lui, parce que mesurés à ses prétentions plus qu'à ses possibilités, il s'enferme lui-même dans des contraintes impossibles, sans autre recours que de faire face, au prix d'une tension extraordinaire, aux conséquences de ses choix, en même temps que de travailler à se contenter, comme on dit, de ce que les sanctions du réel ont accordé à ses attentes en s'efforçant de justifier, à ses propres yeux et aux yeux de ses proches, les achats ratés, les démarches malheureuses, les contrats léonins.



Ce "peuple" à la fois mesquin et triomphant n'a rien qui flatte l'illusion populiste et, trop proche et trop lointain, il attire les sarcasmes ou la réprobation des intellectuels qui déplorent son « embourgeoisement » lui reprochant à la fois ses aspirations mystifiées et son incapacité de leur apporter autre chose que des satisfactions tout aussi mystifiées et dérisoires ; bref, tout ce que condense la dénonciation du "mythe pavillonnaire". Et pourtant, parce qu'il s'est trouvé entraîné à vivre au-dessus de ses moyens, à crédit, il découvre, presque aussi douloureusement que les travailleurs de l'industrie en d'autres temps, les rigueurs de la nécessité économique, notamment à travers les sanctions de la banque, dont il avait attendu des miracles. C'est sans doute ce qui explique que, bien qu'il soit, pour une part, le produit d'une politique de libéralisme social visant à l'attacher à l'ordre établi par les liens de la propriété, il soit resté fidèle, dans ses votes, aux partis qui se réclament du socialisme. Grand bénéficiaire apparent du processus général d'"embourgeoisement", il est enchaîné par le crédit à une maison qui est souvent devenue invendable, quand il n'est pas dans l'incapacité d'assumer toutes les charges et tous les engagements, en matière de style de vie notamment, qui étaient tacitement inscrits dans un choix initial souvent obscur à lui-même. « Tout n'est pas contractuel dans le contrat », disait Durkheim. La formule ne s'applique jamais aussi bien qu'à l'achat d'une maison où se trouve engagé, implicitement, le plan d'une vie et d'un style de vie "impossibles". C'est ce que disent tant de témoignages tous aussi pathétiques.




Agée de quarante ans, Béatrice est employée à la DDE de Cergy-Pontoise. Son mari (il s'agit d'un deuxième mariage) est ouvrier, chargé de l'entretien dans un ministère à Paris. Elle est l'aînée de douze enfants. Avec son premier mari, dont elle a eu deux enfants, elle tenait une caravane qui vendait frites et gaufres dans les forêts du nord de Paris. A cette époque les affaires marchaient bien pour elle, ils avaient de "bons emplacements pour la caravane" et vivaient en location. Après son divorce, son employeur actuel lui a loué à très bas prix une maison réquisitionnée par les Domaines : "Très ancienne, vraiment splendide... un très grand jardin... mais des travaux... la toiture s'écroulait... et faire des travaux dans une maison qui n'est pas à soi...". Ils auraient pourtant pu y rester "indéfiniment". Elle attendait un quatrième enfant. L'entreprise GMF fait une opération de promotion à Cergy-Pontoise : tentés par la publicité, ils rêvent d'avoir une maison à eux. Avant de se décider, ils sont allés voir d'autres lotissements dans la région. " Vers Cergy, à Puiseux, les maisons Bouygues, France Cottage qui nous plaisaient bien. Mais c'était trop cher. On n'avait pas le droit, vu l'argent... On n'avait pas d'apport du tout".

L'entreprise GMF, elle, accorde un "prêt ami" qui couvre l'apport initial habituellement exigé. Après avoir hésité ("c'était loin... surtout pour mon mari"), ils se décident, "poussés" par la vendeuse, pour un F6 dans un lotissement à Bernes-sur-Oise. "C'était abordable" et puis "les gens qui vendent s'occupent de tout, il n'y a pas de problème". Ils ont pu bénéficier d'un prêt PAP important , parce que le montant en est fixé suivant le revenu indiqué sur la feuille d'impôt. Or, s'étant mariés en 1981 avec trois enfants à charge, ils ne sont pratiquement pas imposables. "L'APL est mirobolante", donc les mensualités énormes. Sans parler de ce "prêt ami" dont on ne sait pas trop quand ni comment il doit être remboursé. "Parce que s'ils courent sur vingt ans les intérêts ! (...) Elle aurait dû nous le dire cette dame. Nous, disons, on n'y a pas pensé... on est un peu dans le sirop quand on achète une maison, on est à côté du sujet, on voit la maison, on voit les gosses dedans. Puis, on y arrivera bien après tout".

Avant de se décider, ils ont demandé des conseils. La plupart étaient favorables à GMF. Son mari s'est renseigné ; il a beaucoup regardé 50 millions de consommateurs : "Avec le peu de choix qu'on avait entre Phénix, Socova et GMF, il a quand même déterminé que c'était GMF qu'il fallait prendre". Quand la construction a commencé, ils sont allés voir "s'ils faisaient bien tout ce qu'il fallait" : "Bon, on a eu des surprises, par exemple l'isolation, le sanitaire, etc. (...). On ne sait pas si on pourrait attaquer. Enfin, attaquer... si on veut... ça fait des frais".

La maison est un peu trop grande ("Au départ on aurait bien aimé une chambre en moins, mais, on nous a dit, avec 4 enfants, prenez ça, ça passera mieux..."). "Sinon, elle est chouette. Enfin, c'est le minimum comme dit mon mari, à l'intérieur on entend tout, les cloisons sont toutes fines, mais moi je me plais bien dans ma maison". Béatrice est pourtant inquiète : "On ne regrette rien... mais on a beaucoup de mal à payer maintenant, c'est très dur... On a réduit sur plein de choses pour pouvoir payer les mensualités". Ils n'ont toujours pas, deux ans après l'achat, reçu le plan de financement. "On ne sait pas où on va... on est un petit peu affolés...".

Et c'est la même chose pour beaucoup d'habitants du lotissement : "C'est une catastrophe... La majorité des gens ont été obligés de partir (...). Ils ont été comme nous, ils pouvaient pas payer le chauffage, ils pouvaient rien faire (...). Il y a beaucoup d'ouvriers qui font pas attention... ça les dépasse qu'il y a des choses en commun". Beaucoup venaient "des HLM, du côté d'Aubervilliers, qui n'étaient pas habitués aux pavillons (...). La première année, des hurlements... Ils se parlaient d'une maison à l'autre".

Béatrice se lève à six heures, prépare les enfants, conduit le plus petit chez la nourrice et prend le train de huit heures et demie. Elle a des ennuis avec ses collègues parce que ça la " fait arriver à neuf heures et demie au lieu de neuf heures ". Son mari a quatre heures de transport par jour : "Persan-Beaumont, c'est la ligne la plus pourrie". Le soir elle "reprend les plus petits chez la nourrice en passant". Il n'y a pas assez de place dans les écoles parce que "dans les petites communes comme ça, ils prévoient pas les gens qui arrivent comme ça".

Tous les ans, ils vont en vacances chez la belle-mère de Béatrice à Perpignan, mais cette année "pas de vacances", il faut faire la clôture du jardin : "rien que pour faire ça, ça va nous coûter 8 000 F ". Elle aime bien les clôtures blanches, style américain : "rien que les portes coûtent 5 000 F". "Quand ça fera dix ans et qu'on en sera toujours au même stade, nous, on arrête les frais. Même si on perd tout. Moi, je ne veux pas me retrouver à soixante ans dans le trou, pour une baraque que mes gosses ils vont se battre pour...".



Mais il n'est pas besoin d'aller jusqu'aux cas extrêmes, plus dramatiques encore que celui-ci, où le pari pour la stabilité et la permanence des choses et des personnes, et des relations entre les choses et les personnes, qui se trouvait tacitement impliqué dans le choix d'acheter une maison, s'est trouvé démenti par le déplacement forcé, le débauchage, le divorce ou la séparation. Il faudrait simplement évoquer le cas statistiquement ordinaire de tous ces habitants des pavillons préfabriqués des quartiers dits résidentiels qui, attirés par le mirage d'un habitat faussement individuel (comme les pavillons mitoyens de lotissements comportant à peu près toutes les servitudes du HLM), ne connaissent ni la solidarité des vieux quartiers ouvriers ni l'isolement des quartiers cossus : éloignés de leur lieu de travail par des heures de trajet quotidien, ils sont privés des relations qui s'y nouaient - notamment par et pour la revendication syndicale - sans être en mesure de créer, dans un lieu de résidence groupant des individus socialement très homogènes, mais dépourvus de la communauté d'intérêts et des affinités liées à l'appartenance au même univers de travail, les relations électives d'une communauté de loisir. La maison individuelle fonctionne ainsi comme un piège, et de plusieurs façons. Comme on le voit bien dans l'entretien présenté ci-dessous, elle tend peu à peu à devenir le lieu de fixation de tous les investissements : ceux qui sont impliqués dans le travail - matériel et psychologique - nécessaire pour l'assumer dans sa réalité souvent si éloignée des anticipations ; ceux qu'elle suscite à travers le sentiment de la possession, qui détermine une sorte de domestication des aspirations et des projets, désormais bornés à la frontière du seuil, et enfermés dans l'ordre du privé - par opposition aux projets collectifs de la lutte politique par exemple, qui devaient toujours être conquis contre la tentation du repli sur l'univers domestique ; ceux qu'elle inspire en imposant un nouveau système de besoins, inscrit dans les exigences qu'elle enferme pour ceux qui entendent être à la hauteur de l'idée (socialement façonnée) qu'ils s'en font.

Copie des Chevaux de Marly siège Bouygues

Denise a un peu plus de trente ans. Elle est secrétaire. Son mari est comptable à l'UAP. Elle a acheté une maison industrielle, dans un lotissement de 97 pavillons, à Éragny dans le Val-d'Oise, près de Cergy-Pontoise. Elle y habite depuis sept ans. Elle a "choisi le pavillon" lorsqu'elle a vu que, "dans la région parisienne, plus près de Paris, les appartements étaient d'un prix aussi élevé qu'un pavillon à cet endroit-là". Elle habitait auparavant, en location, un "faux trois pièces", où elle se trouvait "trop à l'étroit" : "Nous allions être quatre. Et avec une seule chambre". Elle avait un plan d'épargne qu'elle a dû écourter "parce que l'enfant est né un peu plus tôt" : "Donc ça nous a un peu limités sur les moyens financiers dont nous disposions. On n'a pas pu bénéficier des prêts Caisse d'épargne. (...) Ça nous a donc un peu contraints de chercher dans du neuf, les prêts conventionnés étaient plus intéressants que les prêts que l'on trouvait dans les banques par ailleurs...". Faute de moyens financiers, ils ont dû chercher "dans cette banlieue des Hauts-de-Seine, qui ne [leur] plaisait pas, finalement". Ils auraient aussi préféré un immeuble ancien ; mais, « même dans la région, ça pose beaucoup de problèmes du fait de prêts qui sont à des taux nettement plus élevés » : « Sinon, bien sûr, je crois que l'on aurait préféré tous les deux choisir quelque chose qui ait beaucoup plus d'âme, en fait, que ce pavillon dans une ville neuve où tout le monde a le même âge, tout le monde est à peu près de même niveau... C'est trop uniforme".

Denise et son mari ont choisi cette région "parce que c'était, malgré l'éloignement, une des mieux desservies par rapport à Paris", où ils travaillent tous les deux. Avant de se décider, ils ont surtout regardé les annonces ("Mais quand on voyait les prix, on n'a pas visité d'ancien. On n'a pas voulu se laisser tenter..."). Ils ont été voir des chantiers en construction, des lotissements. Ils ont été entraînés par des amis qui venaient d'acheter : "C'est eux qui nous ont promenés, parce qu'ils avaient déjà visité avant ce qui se faisait d'autre, de nouveau". En fait, s'ils se sont décidés, c'est que personne autour d'eux ne le leur a déconseillé. Et puis ils ont pensé que, "à défaut de trouver l'idéal, ça permettait d'avoir une monnaie d'échange (...) pour essayer de trouver mieux", peut-être une « maison entièrement individuelle », ou une maison située dans un quartier moins neuf. La maison qu'ils ont choisie était la moins chère et elle était "livrée prête à habiter".

Les débuts leur ont apporté beaucoup de déceptions. "Les finitions étaient lamentables". Il y avait très peu de choix, trois ou quatre papiers peints seulement "et, en plus, c'était vraiment du papier HLM". Ils ont dû faire recarreler le rez-de-chaussée. Ils ont fait beaucoup de travaux "petit à petit" : "On calculait chaque année ce qu'on pouvait faire". Puis ils ont découvert les bruits des tondeuses à gazon, pendant les week-ends, jusqu'à ce que le cahier des charges l'interdise. "Et puis, comme on est au milieu de deux maisons, les sanitaires et la cuisine coïncident avec la maison voisine et on entend toute la
tuyauterie des voisins". La cheminée, fabriquée "par une entreprise qui était en cheville avec la société immobilière", a coûté très cher.

Ils ont acheté des meubles, "petit à petit", chez des particuliers touchés grâce à des journaux spécialisés, comme la Centrale des particuliers ou Le Bichot. "Ça faisait deux ans qu'on cherchait une bibliothèque. On l'a trouvée, il y a un mois, dans Le Bichot". Ils ont pris l'habitude de regarder, aux Puces ou dans des brocantes régionales, "tout ce qui se vend... enfin,... d'ancien..., beaucoup plus qu'avant. Avant on n'y pensait pas du tout. Maintenant, le dimanche, comme l'éloignement de Paris fait que les distractions sont beaucoup moins nombreuses... eh bien ! le dimanche, si on a envie de sortir, on va volontiers voir soit une vente locale (...), soit des professionnels, soit des particuliers. C'est quelquefois un but de promenade".

Ils ont essayé de planter dans le jardin, petit terrain de 100 m², "juste de quoi avoir un peu de verdure, et quelques fruits quand même", des framboises, deux poiriers, et puis un cerisier : "Mais tout ça, c'est jeune, on n'a pas encore eu beaucoup de fruits". "L'avantage de la végétation, c'est qu'elle a poussé, qu'on s'aperçoit maintenant un peu moins qu'on a tant de voisins...".

Denise se lève tous les jours à six heures et demie ; son mari à six heures moins le quart. Elle prend le petit déjeuner avec lui. Puis elle va à la salle de bains et son mari part prendre son car. Elle conduit les filles à l'école, en voiture, vers huit heures, puis prend le train à Conflans. Elle arrive à son travail vers neuf heures et demie. Le soir, elle ne rentre jamais avant sept heures et quart. Le week-end, ils n'ont pas le courage de retourner à Paris. "Aller à Paris le week-end, on s'aperçoit à l'usage qu'on n'y va plus souvent". Les sorties, c'est sans doute ce qui lui manque le plus. "J'aime beaucoup le cinéma. Mon mari voudrait voir Amadeus, mais on ne peut pas...". Elle ne regrette pas d'avoir acheté ce pavillon malgré la longueur des trajets. Ce qu'il y a de bien, dans le lotissement, c'est qu'il n'y a pas de danger pour les enfants ; ils peuvent faire de la bicyclette, du patin, ils se rendent visite mutuellement. Mais en sera-t-il de même quand ils auront quinze ou seize ans ?

"L'aînée aime sortir, aller au musée, etc. Ce n'est pas à Eragny qu'on trouve tout ça. Pour le sport, c'est bien, patinoire, piscine, danse, etc.". Elle a trois heures de trajet par jour. Elle "en profite pour tricoter. C'est l'occupation de bien des femmes dans le train. Lire quand on n'est pas trop fatiguée, c'est assez possible. Mais il y a des moments où la fatigue est telle que tricoter, c'est plus mécanique. On ne réfléchit pas sur un tricot. Lire, c'est plus difficile. On ne peut lire que des magazines dans le train, ou des romans simples".
-"Qu'est-ce que vous lisez en ce moment ?".
-"Non... en ce moment..." (silence).
-"Le dernier ?".
-"Le dernier, c'était un livre - comment ça s'appelle ? - Les enfants de Jocaste... qui n'est pas terminé encore. C'est un livre qui reprend la théorie de Freud".




Ce qui se dégage de ce discours tout à fait ordinaire - et choisi précisément pour sa représentativité -, et de l'existence rangée, résignée et un peu étriquée qu'il évoque, c'est l'effet d'une politique qui, bien qu'en apparence limitée au seul problème du logement, a façonné très profondément la société. Centrée autour de l'éducation des enfants conçue comme voie d'ascension individuelle, la cellule familiale est le lieu d'une sorte d'égoïsme collectif qui trouve sa légitimation dans le culte de la vie domestique que célèbrent en permanence tous ceux qui vivent directement ou indirectement de la production et de la circulation des objets domestiques. Et, sans exagérer l'importance qu'il faut accorder à de pareils indices, on ne peut s'empêcher de voir ce qu'on appelle parfois un signe des temps dans le fait que la production des images télévisées qui viennent achever d'enfermer la petite bourgeoisie des pavillons de banlieue dans l'univers captieux des publicités frelatées pour des produits domestiques, des jeux à la gloire des mêmes produits et des shows où s'instaure une convivialité fictive autour d'une culture kitsch est tombée aujourd'hui aux mains de celui qui avait su exploiter mieux que personne les aspirations au petit bonheur privé, accroché à l'ambition immémoriale du patrimoine transmissible et enfermé dans les distractions très familiales que produit en série l'industrie culturelle des amuseurs professionnels (1).

NOTES

L'Héautontimorouménos est un poème de la partie Spleen et idéal des Fleurs du mal de Charles Baudelaire. Le titre grec, qui signifie littéralement « bourreau de soi-même », reprend le titre d'une pièce du dramaturge latin Térence. 


1- La première chaîne de télévision, TF1, qui bénéficie du taux d'audience le plus élevé a été achetée en 1987 par Francis Bouygues. Elle fait une place très importante dans ses programmes aux divertissements à succès tels que les jeux télévisés proposant, à titre de récompense, des biens de confort domestique et des spectacles de show-business animés par des présentateurs très populaires auprès du grand public.

LIEN

Le degré BOUYGUES de l'architecture : 


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