HONG KONG | Self-organising niche architecture


Hong Kong



Une densité urbaine phénoménale, des prix immobiliers en location et à la vente parmi les plus chers du monde, et une pénurie structurelle de logements sociaux : les classes populaires ont investi les toitures terrasses des vieux immeubles du quartier ancien de Kowloon, pour y construire des abris de fortune plus ou moins tolérés par les autorités.  Dans certains cas, la prolifération de ces abris sur certains grands immeubles a créée de véritables petites communautés. Ces constructions précaires sont, le plus généralement, habitées par des salariés, des artisans, des vendeurs ambulants, de nouveaux immigrants chinois, etc. qui disposent d'un salaire régulier ; on y trouve également dans certains cas, des trafiquants de drogue, protégés de la police par un labyrinthe de couloirs étroits et d'échelles dissimulées. Certaines, les plus anciennes, disposent de plusieurs pièces, voire d'un jardin ; tandis que les plus récentes, les plus sordides forment de véritables shanty towns [bidonvilles]. C'est une pratique déjà ancienne, et certaines auto-constructions s'empilent sur deux, voire trois niveaux. 

Manfredo TAFURI | La crisi come progetto



Felice Mometti
La crisi come progetto
Architettura e storia in Manfredo Tafuri

Nella storia non esistono “soluzioni”. Ma si può sempre diagnosticare che l’unica via possibile è l’esasperazione delle antitesi, lo scontro frontale delle posizioni, l’accentuazione delle contraddizioni. E questo non per un particolare sado-masochismo, ma nell’ipotesi di un mutamento radicale che ci faccia ritenere superati, insieme all’angosciosa situazione presente, anche i compiti provvisori che abbiamo tentato di chiarire a noi stessi.

1. Riconoscimento e oblio

Stano destino quello di Manfredo Tafuri. Considerato, quando era in vita, tra i più importanti storici dell’architettura della seconda metà del secolo scorso, mentre ora – a diciotto anni dalla morte – una coltre di silenzio avvolge la sua produzione ed elaborazione intellettuale. La sua figura suscita una sorta di imbarazzo. Un imbarazzo fatto di riconoscimenti formali e ben più sostanziali inviti all’oblio, alla sospensione del ricordo della sua attività didattica all’Istituto Universitario di Architettura di Venezia e delle sue riflessioni teoriche sul rapporto tra architettura e modo di produzione capitalistico. Sicuramente questo è accaduto in Italia, con l’eccezione di un interessante studio su Tafuri e l’architettura contemporanea[2], un po’ meno nei paesi anglosassoni. Il recente lavoro di Leach[3] ma soprattutto il saggio di Day[4], che ricostruisce i rapporti tra Tafuri e l’operaismo italiano rispondendo anche alle critiche affrettate di Jameson [5], testimoniano un interesse maggiore.

Élisée RECLUS | Géographie Politique




Élisée Reclus* (1830-1905), anarchiste [rappelons la violence des actions du mouvement anarchiste juste à cette époque : crimes et attentats de Ravachol condamné à mort en 1892, assassinat du Président Carnot en 1894 par l'anarchiste Casiéro, etc.], communard de 1871, est considéré comme le père de la géographie sociale et politique ; le prix de ces convictions libertaires, après sa mort, sera le silence et l'oubli, malgré l'ampleur de son oeuvre, superbement ignoré. Une des caractéristiques majeures de la géographie-universitaire, est l'exclusion des phénomènes politiques du champ de ses préoccupations : “ La corporation considère, contre toute évidence, qu'ils ne sont pas géogaphiques et estime que les prendre en compte est la négation d'une démarche scientifique”, affirmait le géographe Yves Lacoste en 1981. Tant il est vrai qu'affirmer ses convictions politiques à la fin de l'introduction d'un livre de géographie physique pouvait choquer cette corporation. Il en serait sans doute encore de même aujourd'hui,   en France tout du moins.

La « lutte des classes», la recherche de l'équilibre et la décision souveraine de l'individu, tels sont les trois ordres de faits que nous révèle l'étude de la Géographie sociale ; écrivait Reclus pour terminer sa préface à son ouvrage majeur L'Homme et la Terre, terminé l'année de son décès en 1905, dont plusieurs chapitres sont consacrés aux villes dont « Horreur et splendeur des villes ». Plus de cent années après, les thèmes qu'il abordait alors, peuvent nous paraître aujourd'hui d'une étonnante actualité. 



VILLES | E-BOMB & GUÉRILLA URBAINE

New York | Block-out total 1965 / 1977 / 2003


Comment rendre inutilisable une ligne de TGV,
un réseau électrique ?

Le comité invisible
L'insurrection qui vient


Le Sunday Times, dans son édition du 9 septembre 2012, annonçait qu'Israël songerait à lancer une frappe IEM – plusieurs bombes à impulsion électromagnétique - contre l'Iran afin de contraindre ses dirigeants à mettre un terme au programme nucléaire. Une telle frappe, interdite par les traités internationaux, pourrait renvoyer l'Iran à l'« age de pierre » selon les experts militaires américains. 

Les métropoles mondiales n’ont jamais été aussi puissantes alors même que leur risque de vulnérabilité n’a jamais été aussi fort et aussi grand ; leur approvisionnement en électricité est l'un de leurs points névralgiques. Les Etat-majors militaires le place au centre de leurs recherches – les bombes à impulsion électromagnétique (IEM ou EMP electromagnetic pulse) –, de leurs stratégies – démoralisation des habitants -, mises en pratique notamment en Irak. En considérant les dernières guerres engageant un ou plusieurs pays de l'Occident, l'on constate cette même stratégie s'appuyant sur le concept de paralysie qui consiste à priver d'électricité les grands centres urbains, en prenant pour cibles, selon le degré de paralysie souhaitée, les centrales électriques, les transformateurs ou le réseau de distribution, ou tous à la fois.

Chine Maoïste | DAZIBAO



Le dazibao - ou tatzupao – est selon Mao Zedong,  l'une des « armes stratégiques » de la Révolution culturelle pour l'initier, et « l'arme tranchante de la Révolution » pour faire participer et élever autant le niveau de conscience des masses populaires que celui des intellectuels. Pendant trois années (1966-1969), les murs des villes, des communes rurales, des universités et des lieux de production se couvrent de dazibao subversifs rédigés en commun par des comités « révolutionnaires » d'ouvriers, d'étudiants et d'universitaires, de paysans, des affiches en grands caractères parfois illustrées compréhensibles et accessibles au plus grand nombre. Les masses s'adressent ainsi - directement - aux masses, l'un des principes politiques fondamental de la pensée de Mao. Puis, après la Révolution, Mao assignera au dazibao un rôle tout aussi important, mais s'inscrivant dans sa ligne politique, un instrument de pure propagande officielle, critique mais n'ayant plus guère de caractère subversif, et pouvant apparaître parfois comme un procédé de délation, voire un exercice obligatoire. La fin du dazibao s'opère en 1989, les étudiants insurgés contre le régime lui préfèrent, sans l'abandonner, la communication visuelle, celle des médias télévisuels. 





CARNAVAL


Pieter Brueghel l'Ancien | Le Combat de Carnaval et Carême | 1559

Cette époque qui se montre à elle-même son temps comme étant essentiellement le retour précipité de multiples festivités, est également une époque sans fête. Quand ses pseudo fêtes vulgarisées, parodies du dialogue et du don, incitent à un surplus de dépense économique, elles ne ramènent que la déception toujours compensée par la promesse d'une déception nouvelle.
Guy Debord

Carnaval | Villes en Folie


Carnaval, culture populaire et urbaine, n'était pas seulement divertissement, liberté impunie de moeurs ou débordement salutaire, concédés aux "mauvais penchants" de la nature humaine. Carnaval comme son ancêtre la fête des Fous, étaient, par le rire et la parodie, capacité perpétuelle de postuler un monde divers et nouveau, et jusqu'à la Renaissance, était l'expérience du "monde renversé" où disparaissent pour un temps les hiérarchies sociales, où étaient parodiés et ridiculisés sur la place publique les puissants et les gens d'Église. 


La Havane | Protesto-Drome





Du rôle Révolutionnaire 
d'un ensemble urbano-architectural. 

Faisant face au seul bâtiment représentant les USA à La Havane, la tribune anti-impérialiste José Marti, le Protestodromo, constitue un excellent exemple d'urbanisme et d'architecture - unique au monde - devant servir comme il se doit, la propagande de la révolution, et s'opposer aux provocations contre-révolutionnaires des USA.  Nul autre lieu à La Havane, n'aurait pu aussi magistralement symboliser la lutte contre le capitalisme et l'impérialisme. 


En 1952, l'ambassade des Etats-Unis est construite sur le célèbre Malecon, la très belle baie de la Havane, face à la "Plaza de la Dignidad", la place de la Dignité. Paradoxal, car Cuba colonisée par la Mafia, n'est plus qu'un satellite  à moins d'une heure en avion de la Floride, offert aux divertissements sexuels, à la prostitution, aux casinos, tandis que les entreprises américaines entretiennent l'esclavagisme des populations rurales. 


Monument | Détournements



Qui modèle l’espace public ? Les émergences spontanées sont-elles si nombreuses qu’il faille brider les initiatives ? Nous reconnaissons que dans le contexte de surveillance généralisée et d’angoisse sécuritaire, l’Embrèvement n°3 ait quelques raisons d’inquiéter.
 Collectif Aéroporté | 2007



Les tribulations de Feu Charles Fourier, 
place Clichy à Paris.

Le 4 juin 1899, est inauguré la statue de Charles Fourier sur le boulevard de Clichy à Paris, oeuvre du sculpteur anarchiste Emile Derré. Ce monument a été érigé grâce à une souscription lancée en 1896, par les membres de l'Ecole sociétaire et de l'Union phalanstérienne. 


Ernest Pignon-Ernest | 1871-1971


Les gisants de la Commune de Paris | centenaire 1971

« Il ne s’agit pas de faire des images politiques, il y a une manière politique de faire des images »
« L’image vient là comme faire remontrer à la surface les souvenirs enfouis, les trames qui se sont passées dans ces lieux. Mais l’image n’est vraiment qu’un petit tiers de la proposition. Mon matériau plastique essentiel ce sont les lieux. »
Ernest Pignon-Ernest 

En 1971, à l'occasion du centenaire de la Commune de Paris de 1871, Ernest Pignon-Ernest est invité pour concevoir et présenter un tableau lui étant consacré dans une exposition collective en Belgique.  Mais plutôt que de représenter cet évènement historique dans les règles de l'art, il préfère investir l'espace public, la rue. Pour Pignon-Ernest, consacrer une toile à la Commune équivalait à souscrire à la peinture d'histoire qui lui semblait être devenue un mausolée. En outre, la Commune de 1871 n'appartenait pas a la mémoire républicaine de la Nation : elle n'était pas considérée comme un moment politique fondateur et sa répression sanglante restait un sujet tabou. Dès lors, seules l'action et l'intervention in situ pouvaient transgresser les règles, en renouvelant le support, en réveillant l'histoire, en suscitant la mémoire et en inscrivant pleinement ce moment dans le présent.  :
« Je voulais dire tout ça et je me rendais compte que c’était dérisoire sur un tableau (…). Et peu à peu s’est imposée encore cette idée, que c’était les lieux eux-mêmes qui portaient ce potentiel. »

Monument | Evénement




Jean-Pierre GARNIER
Du monument comme « événement »

Revue, L'Homme et la société | 2002

Il fut un temps où les monuments étaient édifiés pour commémorer un passé glorieux, fût-il le plus souvent douloureux, ou prophétiser un avenir exaltant voire, comme on l'a fait croire au début du siècle dernier, radieux. Édifîcation à prendre dans sa double acception, donc, puisque construire de tels objets visait, pour les puissants, à instruire les sujets de ces choses célestes ou terrestres susceptibles d'élever leur esprit, de le porter à la piété, à la vertu ou à l'engagement bref, à l'oubli de soi au profit de nobles idéaux.

Les Tours Eiffel


« Etude de perspective : la tour Eiffel », 1995-2003  |AI Weiwei

Régis Debray, dans un article [notre précédent post], jugeait que la tour Eiffel incarnait, lors de sa construction, « un message politique : la victoire de la Science et de l’Industrie sur la superstition religieuse symbolisée par le Sacré-Coeur.» Puis est devenue « pour le monde entier la métonymie visuelle de Paris, et, dans une vision patrimoniale des choses, la trace la plus parlante de la Belle Époque, le monument historique par excellence. » [1] Pour Roland Barthes la Tour est  un « monument total » car « pleinement inutile » ; et,
« Le mythe est constitué par la déperdition de la qualité historique des choses : les choses perdent en lui le souvenir de leur fabrication.[...] Une prestidigitation s’est opéré, qui a retourné le réel, l’a vidé d’histoire et l’a rempli de nature, qui a retiré aux choses leur sens humain de façon à leur faire signifier une insignifiance humaine.» [2]
A ces allégories précieuses, il faut toutefois ajouter que ce gigantesque mécano aura également d'autres fonctions que d'être un monument inutile du paysage parisien : celle d'assurer à ces financiers-constructeurs-exploitants d'importants bénéfices, d'être un instrument militaire dédié à l'observation et à la communication, puis un support publicitaire, et à partir des années 1960, un commerce lucratif, haut lieu du tourisme parisien.

Régis DEBRAY | MonumentS




RÉGIS DEBRAY

Trace, forme ou message ?
Cahiers de Médiologie | 1999


Le bipède qui enterre ses morts pose quelques cailloux sur le lieu d’inhumation (le chimpanzé émet des signaux, instrumente éventuellement une branche d’arbre, mais ne monumentalise rien, pas plus qu’il n’ensevelit ses congénères). Le monument naît de la mort, et contre elle (il en avertit les vivants, du latin monere). Il matérialise l’absence afin de la rendre voyante et signifiante. Il exhorte les présents à connaître ce qui n’est plus et à se reconnaître en lui (du monumentum comme cours d’instruction civique avant la lettre).

C’est à la fois un support de mémoire et un moyen de partage.

Strum Group | The Struggle for Housing




Le Gruppo Strum (abréviation pour architettura strumentale) est un collectif de jeunes architectes créé en 1971 à Turin, par Giorgio Cerretti, Pietro Derossi, Carlo Gianmarco, Riccardo Rosso et Maurizio Vogliazzo.

L'Italie connaissait alors une crise du logement exceptionnelle, les bidonvilles cernaient les grandes villes, les masures étaient nombreuses dans les campagnes, tandis que la classe politique servait les spéculateurs en toute impunité*. Les activistes de la Gauche, une partie des ouvriers et de la classe intellectuelle prolongeaient mai 68 qui allait s'éteindre en 1978. Le groupe Strum dont les membres appartiennent à la Gauche radicale tentent alors de mettre l'architecture au service de la classe ouvrière, et ils multiplient les actions de protestations et de propagande par le fait : activisme dans les universités, organisation de manifestation, de happening, de conférence, travail au sein des bidonvilles et des usines, reportage filmé, appel à la grève, à la grève des loyers, opération d'expropriation collective, etc., qu'ils rendent compte dans leur revue, distribuée gratuitement.
Ces magazines rarissimes, au nombre de trois parutions [ The Struggle for Housing, Utopia, Mediatory City], étaient jusqu'à présent introuvables. Nous avons le plus grand plaisir à les publier ici. Le texte est en anglais.

The Struggle for Housing  | Strum Group
The first issue of a magazine from 1972, which includes fictional articles on issues of architecture and Italian society from the perspectives of capitalists, workers, students, activists and architects. The other two in the series include Utopia and The Mediatory City. 

Strum Group | Utopia Fotoromanzo





Strum Group | Utopia Fotoromanzo 
1972

The second issue of a magazine from 1972, which includes fictional articles on issues of architecture and Italian society from the perspectives of capitalists, workers, students, activists and architects. The other two in the series include The Struggle for Housing and The Mediatory City. By the Strum Group (Giorgio Ceretti, Pietro de Rossi, Carlo Giammarco, Riccardo Rosso, Maurizio Vogliazzo), as part of a project for the MoMA in NYC.

Strum Group | The Mediatory City




Strum Group | The Mediatory City
1972

The third issue of a magazine from 1972, which includes fictional articles on issues of architecture and Italian society from the perspectives of capitalists, workers, students, activists and architects. The other two in the series include Utopia and Struggle for Housing.

PSYCHO-Architecture


Haus-Rucker-Co, Flyhead,  1967

Certes, la civilisation nous a laissé, avec les grandes villes,
un héritage qu’il faudra beaucoup de temps et de peine
pour éliminer. Mais il faudra les éliminer et elles le seront,
même si c’est un processus de longue durée…
Engels
Anti-Dühring
Prozac,  1987

La médecine n'a plus pour seul objectif de vous guérir mais de vous faire vivre le mieux possible le plus longtemps possible avec votre pathologie
Claude Le Pen


1968 : la remise en cause globale de la société capitaliste interroge les avant-gardes sur la question centrale du rôle de l'intellectuel -de l'architecte ici- dans une société capitaliste : utopisme ou réalisme ? Utopisme ou/et Révolution ? [lire notre article Utopie ou Réalisme?]. Certains envisagent et proclament la mort de l'architecte, d'autres annoncent, voire prônent, la mort de l'architecture. A cette question -qui sera débattue dans de nombreux colloques - et en parallèle se pose la question de la ville : de l'adage datant de l’Europe médiévale L’air de la ville rend libre, repris par Max Weber [1] à la condamnation de l'inhumanité de la ville en tant que lieu d'accumulation du capitalisme formulée par Engels [2] et Marx. Qui opposaient à la ville, l'idée d'un équilibre ville-campagne [lire notre article Marx, Engels et la ville]. Ville inhumaine, Nature rédemptrice, Utopie contre réalisme, Socialisme ou Barbarie, interrogent les avant-gardes mais toutes exigent à présent la mise en application immédiate, l'intervention directe des expériences contre la pratique du compromis, de l'inaction et du renvoi indéfini au "bon moment". Exigences qui seront à l'origine des communautés urbaines et rurales [lire notre article Hippie ! Communutés et Back-to-the-Land] ainsi que de l'implication physique et intellectuelle des architectes dans les luttes urbaines.

BELGIQUE | Intérieurs



François Hers, photographe belge, est le cofondateur, en 1972, de l'agence Viva, dont la marque de fabrique,  est à la fois un engagement social fort et une volonté de promotion des photographes comme auteurs. Cette série de photographies s'attaque à un sujet peu traité* : l'univers domestique de logements sociaux. 



François HERS | 1979

En 1979, j'ai reçu en tant que photographe la commande officielle d'une étude sur le logement social dans la partie wallonne de la Belgique depuis 1945. Après un premier repérage, je n'ai rien relevé de particulier dans les modes de construction que l'on me demandait d'analyser par l'image, si ce n'est la quantité et la qualité. Par contre, la visite de quelques maisons a déterminé l'orientation que je devais donner à ce travail : la violence avec laquelle les habitants prenaient possession de l'espace qui leur était donné, par les matériaux, les couleurs, l'accumulation, et tout à la fois, l'aspect du décor sans trace d'usage quotidien, m'ont beaucoup impressionné.

Je me suis donc concentré sur les intérieurs des maisons et des appartements, et j'en ai visité plus de cent cinquante. J'en ai systématiquement photographié chaque pièce, depuis les caves jusqu'au grenier, en passant par les chambres. J'ai opté pour une image couleur, employant toujours la même optique, et un éclairage au flash direct, pour que tous les éléments du décor aient la même valeur et qu'aucune ambiance particulière ne soit privilégiée. C'est pour cette même raison qu'aucun habitant ne figure dans mes photos. 




Belgique | Nucléaire Urbain

Image du film de Michelangelo Antonioni | Il Deserto Rosso | 1964

La situation belge est unique au monde. 
Dans un rayon de 20 km autour de la centrale nucléaire de Doel 
vivent, sur le sol belge, plus de 900.000 personnes

En cas de catastrophe nucléaire, deux dangers menacent les populations : les radiations directes provenant du réacteur, et tout aussi dangereux, les nuages chargés de particules radioactives s'en échappant. Les scientifiques estiment qu'une zone d'évacuation est nécessaire, d'un rayon compris entre 10 et 30 kilomètres pour échapper aux radiations ; au-delà de ce périmètre, l'évacuation est inutile, mais les populations doivent se prémunir des nuages radioactifs se déplaçant au gré du vent.


Tchernobyl | Припять | Ville Verte




Photo : Ian Rance




PRIPYAT était une ville nouvelle de 49.000 habitants, située à 2 km de la centrale nucléaire de Tchernobyl, construite en 1970 pour héberger les employés de la centrale. Pripyat était alors considérée comme une « ville modèle » de l'architecture soviétique, possédant des logements de bonne qualité et une multitude d'équipements : jardins publics, installations sportives, cinémas, théâtres, etc. 

Lors du tragique accident survenu en avril 1986, les habitants non informés du danger observèrent les évènements depuis le toit des immeubles ; ils seront évacués seulement quelques jours après la catastrophe, et ne reviendront plusLe rapport de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN),  présentant une synthèse des conséquences de la catastrophe de Tchernobyl,  note que dans la semaine qui a suivi l’accident, les autorités soviétiques ont procédé à l’évacuation,  et « entre le 27 avril et le 7 mai, deux villes et soixante-dix localités, situées dans un rayon de 30 kilomètres autour de la centrale, furent vidées de leurs habitants. Cette zone d'exclusion couvre une superficie de près de 300 000 hectares, à cheval sur les territoires ukrainien et biélorusse. (...) Au total, environ 250 000 personnes quittèrent leurs foyers ». Outre la zone d’exclusion, trois autres zones ont été déclarées par la suite dangereuses  mais l’évacuation n’a pas été obligatoire.  

EUROPE | Nucléaire



La France est un pays dangereux : elle figure en seconde position, derrière les États-Unis,  pour le nombre de réacteurs nucléaires actifs (58 réacteurs en 2011) répartis dans 19 centrales. Elle dispose de plus de réacteurs que la Russie (32) et la Chine (13) réunis.  

Urbanisme | C’est arrivé près de chez vous




Les gens, ils aimeraient pouvoir s’arrêter et dire : 
« tiens, quel beau parterre ! », « quelle magnifique asymétrie ! » et 
« oh, quelle belle tonalité de brique ! ». 
Mais on ne leur en donne pas l’occasion non plus ! 
Alors ils préfèrent rester devant leur téléviseur, et c’est dommage.



Détente estivale avec :

C’est arrivé près de chez vous
Film belge de Rémy Belvaux 
André Bonzel et Benoît Poelvoorde | 1992

“ Tu vois, ici on est dans un quartier à majorité de vieilles personnes. C’est-à-dire que les urbanistes conçoivent des logements dits «sociaux». Hein. C’est-à-dire, des logements faits pour les jeunes, pour les jeunes couples qui démarrent, hein, pour les ouvriers, pour les ménagères, mais aussi peut-être pour les chômeurs, hein. Tout ceci dans le plan d’une restructuration des plans de secteurs visant à vaincre la solitude du troisième âge en l’intégrant à la population active. C’est une chouette idée. Mais là où je ne suis pas d’accord, et c’est là qu’est la faille, c’est : comment peut-on concevoir des habitations sociales sans la moindre recherche esthétique ?! Ca, ça n’est pas possible, hein ?! Je suis désolé, allez ! Hein !

PARIS | Architecture commémorative Place Vendôme


Un monument pour la Révolution | Place Vendôme, Paris


David Gissen, historien anglais de l'architecture et de l'urbanisme, propose un curieux monument pour commémorer la Commune de Paris :  "Le monticule de Vendôme" (2012) est un projet de" reconstruction" d'un monticule de terre et de paille, construit par les Communards de Paris en 1871,  face à la colonne Vendôme - symbole haï de l'impérialisme -  destiné à amortir l'impact du choc de la colonne lors de sa démolition sur les bâtiments environnants. Son projet propose en outre une élégante enveloppe en verre protégeant le monticule des intempéries. David Gissen a également lancé une pétition adressée au directeur du Patrimoine et de l'architecture de la Ville de Paris (incluse ci-dessous). 


Lissagaray | La Commune de Paris

PARIS, 1871 

La dernière barricade des journées de Mai est rue Ramponneau. Pendant un quart d’heure, un seul fédéré la défend. Trois fois il casse la hampe du drapeau versaillais arboré sur la barricade de la rue de Paris. Pour prix de son courage, le dernier soldat de la Commune réussit à s’échapper.
 Prosper-Olivier Lissagaray

Une édition électronique du livre 
au format PDF :


Selon la légende, Prosper-Olivier Lissagaray fut ce dernier fédéré.  Partisan devenu historien, Lissagaray relata la Commune de Paris,  comme d'autres - dont Karl Marx, Elie Reclus  ; L'Histoire de la Commune de 1871qu'il l'occupa pendant plus de 25 ans, fut salué dès sa parution comme un chef-d'œuvre ; c'est un livre passionné et vrai, souligne Jean Maitron. Amédée Dunois, en préface de la réédition de son livre [1929]  jugeait ainsi :

Aucun ne l’atteint en vigueur, en éclat, en intensité pathétique ; aucun n’a ressuscité comme lui, dans sa misère et dans sa gloire, la sanglante et sublime Aventure.  [...] L’Histoire de la Commune n’est pas qu’un livre vrai, c’est un beau livre, d’un art puissant et spontané qui ne doit rien au métier, à l’école, et qu’on ne peut qu’admirer. De la couleur, du rythme, du souffle, de l’allant. Dès le prologue, aux raccourcis saisissants, on est empoigné, et alors on ne s’arrête plus. Le drame se noue, se précise, s’amplifie, jusqu’à la catastrophe finale — cette bataille de huit jours entre une soldatesque rageuse, armée jusqu’aux dents et un prolétariat « las de végéter dans l’ignorance et de croupir dans la misère », cette répression sauvage du peuple par le peuple, dont l’atroce souvenir jamais ne s’effacera. [...]

INDE | Travail urbain dans la stratégie de la Révolution

Jeune combattante du CPI-ML


Les bureaucrates et les urbanistes, travaillant sous les consignes directes de la Banque Mondiale, de la Banque Asiatique de Développement et d’autres institutions impérialistes, ont formulé des lois, des règlements, des principes et des schémas directeurs qui ont même abandonné le prétexte des slogans d’équité et de soulagement de la pauvreté urbaine d’autrefois.
...
Le travail dans les zones urbaines a une importance particulière dans notre travail révolutionnaire... dans notre révolution, qui suit la ligne de guerre populaire prolongée, la libération des zones urbaines ne sera possible qu’au dernier stade de la révolution.  Cependant, cela ne veut pas dire qu’il ne soit pas nécessaire de se concentrer dès le début sur la construction du mouvement révolutionnaire urbain.  


Un document d'une valeur exceptionnelle concernant la stratégie politico-militaire " urbaine" - Our Work in Urban Areas dans le cadre de la Guerre populaire prolongée en Inde,   rédigé par le :


Communist Party of India- Marxist-Leninist (CPI-ML)

Perspective urbaine  :
Notre travail dans les zones urbaines

Via :

Clarté Rouge

Organe théorique du Centre Marxiste-Léniniste-Maoïste |Belgique

N°1 | avril 2012



1. Introduction

Le document Stratégie et Tactiques adopté au 9e Congrès de 2001 expose l’importance du travail urbain dans la stratégie de la Révolution Indienne de la manière suivante :