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Natacha CYRULNIK | Filmer une Cité



Extrait documentaire

Les ouvriers, la zermi et la médiathèque | 2013

Cité Berthe, La Seyne-sur-Mer

Entretien avec Natacha CYRULNIK

Documentariste
Février 2017

Natacha CYRULNIK a une longue carrière de documentariste au sein de cités d'habitat social : pendant quinze années, elle a été à la rencontre de leurs habitants, pour "faire entendre leurs paroles", successivement au sein de la Cité Berthe à La Seyne-sur-mer, de la Cité Le Carami à Brignoles, à La Ciotat et enfin à la Cité Air Bel à Marseille. [1]

LUI : Admirable discours !
NC : C’est vrai que ce jeune philosophe qui t’explique la misère – la zermi – en sept minutes, t’as tout compris… Il t’explique la vie ! Les rencontres avec ce genre de personnes là, j’adore. Ce sont mes médailles …

Godard | La Gestapo des structures : l'Aménagement de la Région de PARIS


Jean-Luc Godard filme La Courneuve en 1966


"Apprenez en silence deux ou trois choses que je sais d’elle.
Elle, la cruauté du néo-capitalisme.
Elle, la prostitution.
Elle, la région parisienne.
Elle, la salle de bains que n’ont pas 70% des Français.
Elle, la terrible loi des grands ensembles.
Elle, la physique de l’amour.
Elle, la vie d’aujourd’hui."

Jean-Luc Godard
2 ou 3 choses que je sais d'elle
Le film 2 ou 3 choses que je sais d’elle, est un ambitieux plan documentaire, car Elle, n'est autre que la région parisienne, qui en 1966 faisait l'objet de grands travaux (cités d'habitat, autoroutes, périphérique, etc.),  dans le cadre de son aménagement. L’objectif réel, pour Jean-Luc Godard, est d’observer et de critiquer cette grande mutation, entre fiction et documentaire, nous rappelant au passage les atrocités de la guerre du Vietnam. Un Jean Luc Godard alors engagé dans la voie maoïste, et filmant pour la première fois, quelques scènes dans la cité des 4000 à La Courneuve, là où vit l'héroïne ;  une des opérations emblématiques puis symboliques de la politique de l'Etat, en matière d'aménagement de territoire.

PIALAT | BANLIEUE 1960




COURT METRAGE DE MAURICE PIALAT par mijosorbier

« La grande banlieue est la terre élue du p’tit pavillon. C’est la folie des p’titesses : ma p’tite maison, mon p’tit jardin, un bon p’tit boulot, une bonne p’tite vie bien tranquille »


L’amour existe,

Documentaire de Maurice Pialat

1960
Durée : 20 minutes.

Textes du documentaire, [extraits...].

« Longtemps j’ai habité la banlieue. Mon premier souvenir est un souvenir de banlieue. Aux confins de ma mémoire, un train de banlieue passe, comme dans un film. La mémoire et les films se remplissent d’objets qu’on ne pourra plus jamais appréhender.

Longuement j’ai habité ce quartier de Courbevoie. Les bombes démolirent les vieilles maisons, mais l’église épargnée fut ainsi dégagée. Je troque une victime contre ces pierres consacrées ; c’était un camarade d’école ; nous chantions dans la classe proche : « Mourir pour la patrie », « Un jour de gloire vaut cent ans de vie ».



Guy Debord | La Société du Spectacle






Guy Debord

La Société du Spectacle |1973

Sous-Titrage : Esp | Eng | Ita | Por | Rus |Pol 


ROHMER | Métamorphose du Paysage








Eric Rohmer 

Les Métamorphoses du paysage : l'ère industrielle | 1964

Les années 1960 sont pour Eric Rohmer des années de transition, entre les Cahiers du Cinéma et la réalisation cinématographique, marquées par une incursion à la télévision scolaire des années Malraux : il réalisera douze documentaires, dont le premier opus de la série: Métamorphoses du paysage, sur l’industrialisation du paysage français, catalogue de constructions industrielles photographiées en noir et blanc, sur lesquelles se pose une voix off volontiers plus poétique que didactique :
« Cette beauté est difficile. Difficile à découvrir, à admettre. Elle est paradoxale. Car il y a paradoxe à rechercher la beauté dans un monde qui lui tourne délibérément le dos. Un monde voué au chaos, à l’informe, au perpétuel changement, à l’inachevé. Un monde qui porte la marque, contrairement au monde champêtre ou urbain, moins de la joie créatrice de l’homme que de sa sueur et de sa peine ».

Eisenstein | Glass House

Sergueï Eisenstein, croquis pour le film Glass House 


" Vivre dans une maison de verre est, par excellence,
une vertu révolutionnaire. "

Walter Benjamin

L'architecture de verre aura été dans les années 1920, un domaine intéressant également la politique et le monde intellectuel, notamment auprès de l'intelligentsia radicale allemande et révolutionnaire soviétique, qui y voient  soit la concrétisation d'une utopie d'harmonie sociale et cosmique, soit un geste révolutionnaire capable de rompre avec le passé ; pour d'autres ce n'est que la manifestation d'un cauchemar totalitaire. Où se situe le projet de film Glass Housedu réalisateur soviétique Eisenstein [Le cuirassé Potemkine, Ivan le Terrible, Viva Mexico, etc.]  entre le socialisme rural de Tchernychevsky et les villes du futur de Khlebnikov, entre le rêve cristallin de Taut et de la Gläserne Kette et le monde dystopique de Zamiatine ? L'architecture de verre joue-t-elle, chez lui, le rôle de « vertu révolutionnaire » qui lui est attribué par Benjamin ? 

Antonio SOMAINI
Utopies et dystopies de la transparence.
Eisenstein, Glass House,
et le cinématisme de l'architecture de verre.
Revue Appareil - n° 7 | 2011
[Extraits]

1. L'architecture ouverte et la transformation
de l'espace cinématographique

En 1946, forcé d'abandonner tout projet de direction de film à cause de la censure sous laquelle était tombée la deuxième partie d'Ivan le Terrible et d'un infarctus qui l'avait obligé à suivre un régime de vie beaucoup plus limité qu'auparavant, Eisenstein se plonge dans le projet d'écrire une histoire du cinéma.

L'Homme de BRASILIA



L'HOMME de BRASILIA : Oscar Niemeyer

Le film de Philippe de Broca, L'Homme de Rio, filmé en 1964, donne l’occasion d'admirer la nouvelle capitale Brasilia en chantier, en suivant les cascades de Jean Paul Belmondo, dans les immeubles en construction, de l'architecte Oscar Niemeyer, décédé ce mercredi 5 décembre. Oscar Niemeyer qui jusqu'à la fin, ne renia jamais son attachement au communisme.
La suite : 



Terrain Vague




Terrain Vague

Film de Marcel Carné | 1960

Les plans séquences du générique du film Terrain Vague, de Marcel Carné [Les enfants du Paradis, Quai des Brumes, etc.], plongent le spectateur dans l'intimité des nouveaux monstres de béton destinés à loger le plus grand nombre : la caméra descend le long de la façade d'une nouvelle Habitation à Loyer Modéré, et par les fenêtres laisse entrevoir un instant de vie des familles, empilées verticalement dans leurs cellules d'habitation, selon la terminologie – parfaitement appropriée - des technocrates planificateurs de l'époque.

Nous sommes en 1959, dans la banlieue sud de Paris, alors en pleine phase de déconstruction-reconstruction : les immeubles modernes en périphérie, disputent le territoire à des lambeaux de quartiers anciens, de masures, de ruines et de terrains vagues ; où se retrouvent les bandes d'adolescents. Les premiers à souffrir de cet environnement d'une nouvelle modernité urbaine et architecturale. Le Terrain Vague, c'est ici, comme dans les usines en ruine, les points de ralliement des bandes de banlieue de jeunes désœuvrés, des voyous et des fameux « blousons noirs », de familles de la classe moyenne et ouvrière, exilées du centre de Paris. Marcel Carné nous entraîne dans une de celles-ci, un groupe de jeunes garçons menés – surprise étonnante - par Dan, une jolie jeune fille du quartier, qui commettent de menus larcins, des vols à la tire, et pratiquent sans rechigner la baston. Sur l'échelle Richter de la violence, la bande à Dan pourrait être placée dans la catégorie « petite délinquance juvénile ». Deux "intronisations" bouleversent l’équilibre : un "gros coup" imaginé par un des nouveaux venus, divise le groupe, certains apprécient, d'autres refusent, dont Dan, et son complice-amoureux Lucky ;  elle le pousse alors à devenir mécanicien comme il l'a toujours souhaité.

Générique de fin

Urbanisme | C’est arrivé près de chez vous




Les gens, ils aimeraient pouvoir s’arrêter et dire : 
« tiens, quel beau parterre ! », « quelle magnifique asymétrie ! » et 
« oh, quelle belle tonalité de brique ! ». 
Mais on ne leur en donne pas l’occasion non plus ! 
Alors ils préfèrent rester devant leur téléviseur, et c’est dommage.



Détente estivale avec :

C’est arrivé près de chez vous
Film belge de Rémy Belvaux 
André Bonzel et Benoît Poelvoorde | 1992

“ Tu vois, ici on est dans un quartier à majorité de vieilles personnes. C’est-à-dire que les urbanistes conçoivent des logements dits «sociaux». Hein. C’est-à-dire, des logements faits pour les jeunes, pour les jeunes couples qui démarrent, hein, pour les ouvriers, pour les ménagères, mais aussi peut-être pour les chômeurs, hein. Tout ceci dans le plan d’une restructuration des plans de secteurs visant à vaincre la solitude du troisième âge en l’intégrant à la population active. C’est une chouette idée. Mais là où je ne suis pas d’accord, et c’est là qu’est la faille, c’est : comment peut-on concevoir des habitations sociales sans la moindre recherche esthétique ?! Ca, ça n’est pas possible, hein ?! Je suis désolé, allez ! Hein !

ARGENTINE 1968 | La Hora de los Hornos




Réalisé par Fernando Solanas et Octavio Getino entre 1966 et 1968, interdit mais diffusé clandestinement en Argentine, La Hora de los hornos, L’heure des brasiers,  est très vite devenu un film culte dans son pays puis à l’étranger : il constitue une oeuvre de référence de l’histoire du cinéma latino-américain, un classique du cinéma politique, prônant la révolte comme seul moyen de se libérer du joug des oppresseurs, capitaliste et impérialiste. La Hora de los Hornos, procède d’un travail colossal, près de 200 heures d’entretiens, pour aboutir à un documentaire en trois volets. Le premier ensemble constitue un dossier contre le néocolonialisme et la dépendance de l’Argentine envers les États-Unis et l’Europe. La seconde partie prend la forme d’une chronique du péronisme. La troisième est une exaltation aux luttes de résistance et de libération. 

4 heures et 11 minutes en Version originale à visionner via : 



L'argent fait le bonheur... par Guédiguian


L'argent qui pourrit jusqu'à la conscience des hommes.
François Mitterrand, congrès d'Epinay, en 1971

Ne soyons pas mendiants. Soyons voleurs !
Robert Guédiguian, L'argent fait le bonheur, 1993

L'argent fait le bonheur, le téléfilm de Guédiguian, avait été à l'origine commandité par Antenne 2 qui accepte le scénario mais refuse de le diffuser. La chaine de télévision publique n'a sans doute pas apprécié cette fable sociale et politique se déroulant à Marseille présentant une idéologie limpide : Ne soyons pas mendiants. Soyons voleurs !

Ken LOACH, Cathy Come Home




Cathy Come Home, est un des premiers téléfilms du célèbre réalisateur Ken Loach pour la télévision britannique, la BBC. Ce classique de la télévision anglaise fut regardé par un quart de la population lors de sa diffusion en 1966,  et souleva l’indignation nationale. 

Pourquoi ? Qu’est-ce qui bouleversa tant les Anglais ? 


Pasolini et le monde des borgate





Il y a une phrase de Sade qui dit qu'il n'est rien de plus

profondément anarchique que le pouvoir.
J'ai par conséquent pris Salo comme symbole du pouvoir
qui transforme
des êtres humains en objets.

Pier Paolo Pasolini


NAPOLI Le mani sulla città




Main basse sur la ville, [Le mani sulla città] réalisé en 1963 par Francesco Rosi, napolitain d'origine, est un film quasi documentaire sur les malversations d’un promoteur/politicien à Naples. Il constitue, aujourd’hui, un précieux témoignage sur les modalités d’actions des spéculateurs, le processus de corruption des administrations et un aperçu de la vie des habitants pauvres et riches de Napoli. Il est également un témoignage de l’engagement des intellectuels contre le système politique. Le mani sulla città est devenu une référence et une expression courante en Italie pour dénoncer les malversations de la spéculation et du monde politique.