MARSEILLE | LE MUR de la PLAINE



Non. Nous ne sommes pas en zone industrielle en périphérie de Marseille, mais à La Plaine, face à la place Jean Jaurès emmurée, au coeur de la cité phocéenne, fin octobre 2018.


« C'est une apparence caricaturale d'appropriation et de réappropriation de l'espace urbain, que le pouvoir autorise, lorsqu'il permet des cortèges dans les rues, mascarades, bals folkloriques. Quant à la véritable appropriation, celle de la "manif" effective, elle est combattue par les forces répressives, qui commandent le silence et l'oubli. »
Henri Lefebvre. La révolution urbaine. 1970.



29 octobre 2018 : des opposants au projet, avec toute l'énergie du désespoir, ou de l'optimisme car sans autre arme que leurs corps, tentent de bloquer la rue Saint Savournin, là ou s'agite le va et vient incessant des poids lourds amenant le "Mur de la Honte" ; la réaction des Compagnons républicains de sécurité fut immédiate : matraquage, puis poursuite et lacrymogène à tout va. 




Quelques jours auparavant, ces mêmes forces de l'ordre du préfet sollicité par le maire, avaient détruit le "Gourbi", cabane offerte par une délégation de Zadistes de Notre-Dame-des-Landes, et autres mobiliers urbains pirates disposés sur la Plaine, réalisés par des collectifs marseillais ou de simples habitants.


Action initiative spontanée d'habitant-e-s du quartier. 






Ensemble, elles et ils replantent la Plaine, là même où s'érigeaient les arbres maintenant abattus et dans de nouvelles jardinières.



Tous les arbres abattus de la Plaine ont reçu cet ultime hommage : des fleurs artificielles ou non les ornent... et des messages y sont inscrits, poétique ou politique.


Des concerts ont été organisés, les musiciens et le public n'hésitant pas à braver le mauvais temps.



Sur les façades des immeubles donnant sur la Plaine, fleurissent également des messages de colère et de solidarité.


Les mornes blocs de béton, habillés par des grapheurs, redonnent couleur à la Plaine.


Le centre névralgique des résistant-e-s de la Plaine, là où se déroulaient quotidiennement les assemblées, les débats et les cantines ; tous les jours : non ! La pluie a éprouvé la résistance des opposants : dégun (personne) ! Ce qui laissait présager un scénario passablement pessimiste au vu de la faible mobilisation des opposants in-situ face au rouleau compresseur municipal...




Le 29 octobre 2018, arrivent donc en premier lieu, les CRS puis les poids lourds chargés de portions d'un mur ayant vocation d'emmurer la place pour protéger les ouvriers du chantier, leur ouvrage et le matériel susceptible d'y connaître des actes de sabotage. 













Le 31 octobre 2018, la sécurisation du chantier est en passe de s'achever.
Les passants de l'espace public étriqué dont ils disposent - soit des trottoirs contre façades d'une largeur moyenne de 2 mètres, et une voie pour la circulation, espaces ridiculement réduits pour trois années et tout aussi dangereux -, les usagers de ce carnage donc, de ce paysage urbain conçu, dit-on, par le paysagiste de l'agence APS, Jean-Louis Knidel, le nomment selon leurs humeurs, le :
Mur de la Honte

Mur du Mépris - citoyen

Mur de Berlin - ouest

Mur de Calais

Mur de Belfast

Mur de Gaudin - ou "Dingo" 

Nombreux sont scandalisés, d'autres préfèrent cet humour bien marseillais, affirmant goguenards qu'il sera bientôt - le Mur - un objet de curiosité touristique...


Ce qui ne console guère certains commerçants - pas tous - selon des enquêtes très informelles réalisées par la Résistance : l'on évoque une baisse du chiffre d'affaires de l'ordre de 30 %, alors même que la place était encore partiellement praticable pour les piétons ; peut-être la première victime du désastre et urbain et économique de la Plaine : A Vendre, pour ce bar de quartier disposant d'une petite terrasse : bref, la grogne de - certains - commerçants augmente au fur et à mesure de l'avancement du chantier : enfin ! pourrait-on ajouter, réalisent-ils l'ampleur des dégâts socio-économiques.

Mais la stratégie de la mairie peut - en partie - les rassurer ; dans une belle brochure faisant office de propagande municipale, distribuée dans les boîtes aux lettres des riverains, dans les étals des commerces, en même temps que s'érigeait le Mur, pouvait-on lire que des compensations financières auraient été prévues - au conditionnel - pour pallier leurs chiffre d'affaires plongeant dans les abysses de la faillite (sans parler de l'augmentation substantielle des surfaces au sol terrasses futures, pour ceux ayant survécu).  

Car c'est là, la stratégie de la municipalité, mille et une fois opérationnelles et victorieuses : diviser pour mieux régner : c'est-à-dire dissocier les différents acteurs contestataires en présence, tout pareil que les forains qui ont disparu de la scène résistante, une fois une maigre, très maigre compensation obtenue d'arrache-pied. Aux habitants propriétaires riverains de la place Jaurès, ils arguent haut et fort, une plus-value tout aussi substantielle de leurs biens immobiliers... 



Bien évidemment, le préfet sécurise le chantier, mais pas les usagers du quartier, et en particulier ceux et celles ayant des difficultés à se déplacer, handicapé-e-s et nombreux-seuses retraité-e-s.




En réponse face à cette agression, acte de guerre ou provocation ou déni de démocratie participative-inscrite-au-DD (Développement Durable), les résistants organisent la riposte.
N'ayant, pour l'instant, ni le recul, ni même leur enthousiasme - sur lequel nous reviendrons une fois remis de nos émotions -, laissons la parole à Jean-Pierre Garnier : 
« Scénographies pour un simulacre : l'espace public réenchanté », 
Espaces et sociétés, 2008 (n° 134). 

Extraits :



C’est, si l’on peut dire, à une sorte de disneylandisation des espaces urbains que l’on assiste aujourd’hui où le publicitaire rime avec le sécuritaire, même si l’on cherche à masquer ce dernier au moyen d’artéfacts esthétiques en faisant appel à des urbanistes, architectes, paysagistes et autres plasticiens. Dans un espace bien délimité, découpé, hiérarchisé et contrôlé, l’usager sera, dès lors, incité à se comporter en consommateur et en spectateur, mais aussi en acteur sur le mode de la simulation festive dans le cadre d’« événements » programmés par les autorités. Une nouveauté si l’on se réfère à la « société du spectacle » des années 1960-1970.

Ce qu’il s’agit de simuler, à des dates et en des lieux fixés en haut lieu à l’avance, c’est la « réappropriation » ludique et conviviale des espaces publics, dissimulant, par la même occasion, l’ordinaire de la vie quotidienne pour la majorité des habitants, soumis à des logiques sociales contraires aux idéaux claironnés. D’une part, en effet, ils sont, en tant que résidents, expropriés pour la plupart de ces espaces centraux par la spéculation immobilière et les politiques de reconquête urbaine. D’autre part, plus que jamais atomisés en une « foule solitaire » sous l’effet d’un individualisme et d’un consumérisme exacerbés, leurs relations ou, plutôt, leurs interactions ne sont régies, en général, que par l’indifférence et la méfiance, quand ce n’est pas la crainte et l’hostilité. Qui, dès lors, peut croire encore – à moins qu’il ne s’agisse que de faire croire – à la fiction consensuelle d’une ville pacifiée et réconciliée sous le signe d’un « vouloir vivre ensemble » ?

C’est que la promotion de l’espace public comme lieu par excellence d’une urbanité à la fois réactivée et rénovée est portée par une multitude d’acteurs intéressés : élus locaux, commerçants, propriétaires, promoteurs, marchands de biens, agents immobiliers… Une myriade de concepteurs y trouvent aussi leur compte, qu’ils soient créateurs chargés de concevoir les attractions… ou « créatifs » (publicitaires et communicants) chargés de fabriquer les « concepts » visant à les rendre attractives.

Dans cette ville dont le prince est un citadin infantilisé, on comprend que ne sauraient être tolérés plus longtemps sur la voie publique les « acting out » de ces cast members sauvages que sont les sans-logis, les sans-papiers, les sans-travail, les sans-avenir… Les usagers légitimes, confinés dans le rôle qui est le leur, celui de « visiteurs » invités à déambuler comme des touristes dans leur propre ville, doivent, autant que faire se peut, être mis à l’abri des débordements et même de la simple vue des laissés pour compte de la « globalisation » et de la flexibilisation de l’économie, toujours désagréable dans ces lieux remodelés pour l’agrément.

L’enjeu des transformations en cours de l’espace public est, on le sait, d’abord économique. Quand on parle de « revaloriser » certains quartiers dégradés ou certaines zones à l’abandon, c’est, aujourd’hui comme hier, afin de les mettre financièrement en valeur. Aussi ne reviendra-t-on pas sur les profiteurs traditionnels de la mise à l’encan de l’espace urbain, pour qui la ville est à vendre ou fait vendre.


Si l’on ne peut plus miser sur le futur, réduit pour beaucoup à un futur de survie, c’est sur le présent qu’il convient, dès lors, de faire porter les efforts. Non pour tenter de le transformer, mais pour le métamorphoser dans sa représentation, pour le réenchanter hic et nunc. Cette promotion du présent va de pair avec sa déshistoricisation. Le temps n’est plus vécu comme historique : le passé est révolu et l’avenir radieux est une billevesée, comme on ne cesse de nous le ressasser. Reste un temps étale, vécu au jour le jour. « Nous vivons une époque sans passé ni futur qui baigne dans un hyperprésent, telle une vaste étendue d’eau qu’agite un incessant clapot » (Hartog). Ce temps stagnant et l’espace où celui-ci s’écoule matérialisent l’éternel présent d’une humanité condamnée à perpétuité à vivre dans un monde capitaliste postulé pérenne. Quels antidotes idéologiques fournir, alors, à l’anxiété et au pessimisme qui ne peuvent manquer d’en résulter ?


On saisit, au vu de ce qui précède, l’importance du rôle désormais imparti aux espaces publics. « Lieux communs » par excellence, comme le serine la vulgate sociologique ou philosophique sur la ville, leur réorganisation et les usages nouveaux dont ils sont appelés à être le théâtre attesteraient la renaissance du « vouloir vivre ensemble ». Autrement dit, c’est en agissant sur l’espace urbain, faute de pouvoir agir sur le temps en le réinscrivant dans l’Histoire, que l’on redonnerait sens à l’existence collective. Là encore, H. Lefebvre avait vu juste. À une époque où nul ne songeait encore à augurer une quelconque « fin de l’Histoire », il discernait déjà dans « la priorité presque officiellement reconnue de l’espace sur le temps » comme « un indice de pathologie sociale », « un symptôme parmi d’autres d’une réalité qui engendre des maladies sociales ».

...

La vocation des espaces publics est, dès lors, clairement dessinée : servir de support pour mettre en scène la vision concordataire d’une ville réunifiée sous le signe de l’urbanité retrouvée, hors histoire et hors société. Grâce à un aménagement concerté – épithète à prendre dans son acception polysémique –, on éradiquera tout ce qui peut rappeler les divisions, les contradictions, les conflits, les négativités qui faisaient de la scène urbaine le territoire instable des coups de théâtre, des surprises, des ambivalences, des renversements. Au contraire, il importe, dorénavant, de la prémunir contre toute irruption de l’imprévu. Ainsi, les espaces de représentations forgés par l’imaginaire et la pratique populaires sont-ils appelés à s’effacer, recouverts et remplacés sur le terrain, mais aussi dans l’esprit des habitants, par des représentations de l’espace fabriquées de toutes pièces par les hommes (ou femmes) de l’art urbain. Pseudo-espaces de liberté « animés » – réanimés, plutôt – de temps à autre avec l’aide de « concepteurs d’événements », ils sont appelés à devenir le théâtre d’une « réconciliation sur le mode illusoire entre l’apparence consensuelle des choses et leur essence conflictuelle » où l’on assistera, sur le mode parodique, à la « fusion officielle des intentions proclamées et de la réalité déniée » (Muray, 2000).

À l’encontre, en effet, de l’« hyper-réalité » dont Jean Baudrillard postulait l’avènement, où le réel en viendrait à ne plus exister, remplacé par les signes autoréférentiels de son existence, le « simulacre » n’anéantit pas la distinction entre la réalité et le faux-semblant, le « donné » et le « fabriqué », entre le vrai (la réalité sociale de la vie urbaine contemporaine) et sa représentation (à prendre ici également dans son acception théâtrale). Le simulacre, tel que le théorisait J. Baudrillard, est une « hyper-réalité » dans la mesure où, de manière véritablement totalitaire, cette présence plus réelle que la réalité supprimerait tout « dehors » d’où l’on aurait pu l’observer, l’évaluer d’un œil critique et, éventuellement, la dénoncer comme subterfuge (Baudrillard, 1981). Or, même si, « société de communication » aidant, les apparences tendent indéniablement à constituer une nouvelle réalité, rien n’oblige à se laisser ainsi gruger par elles, pour peu que l’on maintienne une position de recul à l’égard de ce qu’elles ont pour fonction de simuler et de dissimuler.

Sous l’effet de cette transmutation à la fois matérielle et symbolique de l’espace public, censée mettre entre parenthèses, à défaut d’y mettre fin, les clivages et les antagonismes qui traversent le monde urbain, se met en place une ville impersonnelle et interchangeable peuplée de citadins sans appartenance autre que celle à une Cité radieuse d’un nouveau genre. Au travers de l’idéal-type d’une population enthousiaste, participante et soudée que célèbrent à l’envi plaquettes publicitaires et articles de complaisance se profile déjà le citadin modèle d’un avenir urbain déjà écrit au présent.


Doit-on se résoudre, dès lors, à ne plus envisager le futur urbain qu’au travers du simulacre consensuel d’une urbanité ressuscitée, en comptant sur l’imagination créative d’une élite artistique branchée pour réinventer la ville ? Quitte à laisser les prolétaires déambuler de temps à autre – sous l’œil omniprésent des caméras de vidéosurveillance et d’agents de sécurité en tout genre – en touristes étonnés et admiratifs dans un boboland aseptisé, sorte de Disneyland huppé de la civilisation urbaine auquel on injectera un semblant de vie à l’occasion d’une manifestation culturelle sponsorisée par les marchands ou d’un « événement » festif programmé par les autorités. « C’est une apparence caricaturale d’appropriation et de réappropriation de l’espace urbain, que le pouvoir autorise, s’indignait Henri Lefebvre, lorsqu’il permet des cortèges dans les rues, mascarades, bals folkloriques. Quant à la véritable appropriation, celle de la “manif” effective, elle est combattue par les forces répressives, qui commandent le silence et l’oubli » (Lefebvre, 1970).



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Mensuel CQFD

Un dossier spécial Plaine
MARSEILLE : GUERRE AUX « INDÉSIRABLES »
Sur La Plaine, le marché des derniers jours
Par Bruno Le Dantec (de l’Assemblée de La Plaine)
Octobre 2018
A lire en ligne :
http://cqfd-journal.org/



14 commentaires:

  1. Après le mur de Gaza, On attend Banksy à Marseille pour une oeuvre murale ! Quoique ?

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  2. Soyons réaliste : ce sont les gentrificateurs mêmes de la Plaine qui organisent une résistance à laquelle se désintéresse de manière prodigieuse le "véritable" prolétariat urbain y habitant, outre des exceptions notables, dont celles des jeunes dont on ne sait à quel milieu ils appartiennent, et quel avenir de "créatif urbain" leur sort est tracé : les Assemblées de la Plaine étaient une mascarade assignée à quelques leaders privilégié-e-s... propriétaires de leur logement : le petit peuple n'y était pas présent.

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    1. Petit peuple absent, ni même représenté.

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    2. Cela a été plus que souvent le cas dans les luttes urbaine ou pour le droit au logement : la classe moyenne cultivée et/ou humaniste amorce la résistance avec notamment la participation des jeunes du quartier ou de collectifs... Suivent ou non, les classes populaires, selon le degré de pertinence des leaders résistants et leurs aptitudes à les emmener... Ce qui semble ne pas être le cas à La Plaine, malgré les efforts consentis des collectifs, dont l'Assemblée.

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    3. Vraiment révélateur après discussion avec des grapheurs sur place qui n'en n'ont rien à carrer de la Plaine (certains recouvrent des slogans anti soleam) ; ce qui peut accréditer la proposition de la Soleam d'offrir le mur de la honte à ce type d'espèce pour l'enjoliver... C'est certain, si tel est le cas, des CRS devront les protéger !

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  3. Quelque chose me parait étrange qui apparaît sur le "Mur" de la Plaine (et les bornes) : des graffitis n'ayant aucun relation - à mon sens - avec les revendications des opposants : un mur simple support pour leur visibilité-existence ? sans slogan sinon imperméable à ma connaissance ou intelligible ? Bizarre : qu'est-ce que cela revendique sinon un individualisme apolitique étranger à la lutte que mènent les opposants. Vraiment révélateur ?

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  4. Des commentaires dogmatiques et fielleux à souhait. Bref, je ne partage pas du tout ces assertions qui se parent du ton de l'analyse, des affirmations gratuites, réductrices et teintées d'aigreurs concernant ce qu'est l'Assemblée et/ou bien ce qu'elle devrait-être et surtout qui y participe. Classe moyenne/classe populaire, bobo/prolo, éduqués ou pas, actif/chômeur etc.... L'Assemblée est ouvertes à tout-e-s sans distinction de classe, ce qui est sûr c'est qu'elle s'est toujours employer à défendre le quartier, la vie de quartier, sa qualité de vie et s'est toujours réclamée d'une organisation horizontale. La tâche est immense et difficile. Certains y prennent plus de place que d'autres, c'est certain, cela dépend pr bcp du niveau d'implication mais pas de chef ou de leader à l'horizon. Le format assemblée en groupe de travail et là justement pr désamorcer toutes formes de prise de pouvoir et de domination. Évidemment, l'Assemblée est perfectible et doit s'améliorer. J'ai pas fait de stat' pour savoir si la majorité des gens présents aux assemblées étaient issu des classes moyennes cultivée/humaniste qui voudrait éveiller les classes populaires... Bullshit! analyse qui ne sort d'on ne sait ou, très vague et générale... ici on ne fait pas de stat', on demande pas un CV à l'entrée de l'assemblée, qui est propriétaire ça on ne dezmande pas, je peux te dire que je suis actif aux assemblée, j'habite le quartier et quie je ne suis pas propriétaire et que je ne me sens pas du tout concerné par les catégories que tu dresses. On vient aux assemblées pour s'organiser, le reste c'est de la foutaise pour gens aigris.

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    1. Le problème n'est pas que l'Assemblée et autres soient étanches ou ouvertes, mais bien qu'elles n'ont pas su "toucher" une certaine catégorie d'habitants appartenant à la classe ouvrière. La question serait ainsi de savoir pourquoi, les plus humbles menacés par le projet et ces conséquences, ne viennent-ils pas - en nombre et régulièrement - aux assemblées et manifs. Foutaises ou aigreur ? Je suis né à la Plaine il y a longtemps, d'une famille italienne immigrée des plus pauvres que l'on puisse alors trouver, et j'ai comme tout bagage un passé de résistant politique et de lutteur impertinent : cette même question, pour d'autres causes aussi nobles étaient alors au centre de nos discussions, notre première pré-occupation, déjà. Ne pas se la poser, ou dans votre cas, l'aborder voire même l'ignorer, serait une erreur politique... ou plutôt, a été une erreur.

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    2. Moi je ne pense par que l'Assemblée a pour vocation de toucher les gens par catégories ou classes sociales. Elle doit tenir une parole intelligible et rejoignable, pas de prosélytisme. Penser la lutte par la question unique de la massification est une erreur en plus de l'Assemblée n'en a pas les moyens. Pour autant l'Assemblée n'a jamais voulu rester en petit groupe fermé et sectaire au contraire elle s'est même donné pour but d'informer un maximum avec ses petits moyens face au monstre tentaculaire de la Métropole, de la Mairie et de la Soleam. Pour le reste tu peux être né sur la Plaine ou pas, te sentir légitime ou pas, c'est ton problème cela ne te donne aucune autorité/crédibilité particulière dans un dispositif comme l'Assemblée. Néanmoins, je ne doute pas un instant que tu puisse apporter ta pierre à l'édifice de la lutte au sein de l'Assemblée comme dans d'autres orga plus affinitaires.

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    3. " Moi je ne pense par que l'Assemblée a pour vocation de toucher les gens par catégories ou classes sociales."
      Ben voyons Gros, informes-toi sur ce qu'il se passe à Berlin ou Barcelone, dans les quartiers en cours de gentrification et de airbnisation: ce ne sont plus des luttes urbaines ou de ZAD, mais des luttes de classes ; révise ton jugement : de bons bourgeois-gentrificateurs habitant la Plaine animent le "mouvement".

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    4. Des - riches - bobos en première ligne contre la Soleam, et alors ? Tant mieux !

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    5. T'as raison, d'accord ; mais ils pourront - eux - se payer un brunch au futur Starbuck de la Plaine tout en ayant leur conscience tranquille et agiter pour mémoire leur passé d'opposant-ô-projet ; et affronter sans peine la hausse des loyers, tandis que d'autres non... T'as raison, y'a rien à faire. Mais ce qui m'étonne le +, c'est l'absence remarquable de Black Blocs constitués ou comme à Paris, de Tête de cortège, pouvant, eux, s'opposer aux violences de l'ordre. Bizarre pour une aussi grande ville : que de la gueule les Marseillais ?

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  5. La Plaine, ses habitants et collectifs, ont remporté deux grandes victoires :
    1. rassembler des habitants du quartier qui hier encore se côtoyaient sans se parler, et de tous les horizons sociaux, bobo/prolo, bourgeois/chômeurs, etc : c pas rien !
    2. discréditer la Soleam à l'échelle de la ville (avec le concours des médias qui soulignaient les gros mensonges de Chenoz) : les prochains projet en centre-ville seront plus difficiles à négocier avec les riverains méfiants. Et selon des bruits de couloirs administratifs, ça grogne également au sein des professionnels des instances qui s'occupent d'urbanisme : j'ai pu en apercevoir défiler à la grande manif (ils étaient masqué, quand même).
    La Plaine Vaincra !

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