Europe | Urbanisme Sécuritaire



« La restriction de liberté découlant du manque de sécurité 
altère grandement la qualité de vie 
et pèse lourdement sur tous les citoyens. »


Ce catalogue présente les recommandations du projet européen Safepolis dont l'objectif est « d'orienter le travail des urbanistes et des responsables de projet urbains pour les aider à prendre en compte la sécurité des usagers tout au long de leurs réflexions. Il ne s’agit pas pour autant de formuler des recommandations normatives de formes urbaines, mais plutôt d'aider à comprendre en quoi les formes urbaines qui seront choisies dans un projet auront un impact, positif ou négatif, sur la sécurité. L’objectif de cet ouvrage est donc de présenter des principes d’urbanisme, de conception des espaces et de modes de gestion des espaces favorables à la sécurité. (...) Il se présente comme un document explicatif de l’Annexe D du rapport technique ''Prévention de la malveillance par l’urbanisme '' réalisé par le Comité européen de normalisation en 2007.» {1} Et, « Enfin et surtout, il faut une acculturation entre les acteurs de la production urbaine et le milieu professionnel de la sécurité. C’est tout le mérite de cette démarche européenne qui s'efforce, au delà des références culturelles nationales, d’améliorer la réflexion et la connaissance sur le lien entre l'urbanisme et la sécurité urbaine.»  


C'est-à-dire le Lien entre urbanisme et politique, tel qu'Henri Lefebvre, bien longtemps après F. Engels - « il est beaucoup plus facile d’incriminer la ville, où l’immobilité générale où les forces du mal que de porter l’attaque sur son véritable plan, la politique » -, le rappelait dans les années 1960 : 

« Je répète donc qu’il y a politique de l’espace, 
parce que l’espace est politique.» 

Stigmatisation et nécessaire Pacification Sécurisation des quartiers sociaux où résident les "classes dangereuses", Accusation de l'architecture et l'urbanisme "criminogène", et Evacuation pure et simple des dimensions sociales et économiques, vieilles ruses du Capitalisme pour justifier les politiques de la ville ainsi analysées par Jean-Pierre GARNIER : 
« ... faute de projet alternatif de société, la gestion territoriale de la marginalisation de masse, mise en œuvre en France sous l’appellation de “politique de la ville”, tend de plus en plus à se confondre avec la police de la ville, dans l’acception large du terme. (Rancière J, 1995» ; dans un texte disponible ici : Espace Indéfendable.







NOTE

[1] Le Comité européen de normalisation (le CEN est une association internationale regroupant les instituts de normalisation d’une trentaine de pays européens {l'AFNOR en France}, indépendante d’instances politiques telles que l’Union européenne) qui s'occupa, un temps - 1995-2006 - d'urbanisme et d'architecture, en vue de normaliser la « prévention de la malveillance - qui englobe, selon le contexte, les incivilités, le vandalisme, la délinquance ou la criminalité mais aussi le risque terroriste -  par l’urbanisme et la conception des bâtiments ». 

Plusieurs pays s'opposèrent à son application normative - dont la France.  Selon Louis MOREAU DE SAINT-MARTIN et Alain GARNIER, acteurs de la représentation française au sein de ce comité : « En 1995, le Comité européen de normalisation (CEN), sur l’initiative de professionnels provenant notamment d’Europe du Nord (Danemark, Royaume-Uni en particulier), a mis en place un comité technique sur le thème « prévention de la malveillance par l’urbanisme et la conception des bâtiments » (TC 325). Ce comité technique (TC) ayant pour objet d’élaborer des prescriptions normatives dans ce domaine a constitué à cette fin trois groupes de travail (Working Group, WG) : le WG 1 est en charge des définitions, le WG 2 de l’urbanisme, le WG 3 de la conception des bâtiments. Rappelons que le CEN est une association internationale regroupant les instituts de normalisation d’une trentaine de pays européens, indépendante d’instances politiques telles que l’Union européenne. Le TC et les WG sont constitués des personnes ou institutions intéressées, sans qu’il y ait de prérogatives particulières pour les États. On y trouve donc des représentants de ministères de l’Intérieur, des urbanistes spécialisés dans ces questions, des représentants de maîtres d’ouvrage (HLM par exemple), des consultants spécialisés… En janvier 2000, des documents ont été établis par les groupes de travail WG 2 et WG 3, sous une forme pratiquement aboutie. Il est alors apparu clairement que les orientations actuelles s’accordaient mal avec les politiques de l’État
français, telles qu’elles se traduisent dans la politique de la ville, les contrats locaux de sécurité ou le projet de loi sur la solidarité et le renouvellement urbains. Ces réserves concernaient principalement les travaux du groupe de travail WG 2. Même s’il ne s’agit dans un premier temps que de « prénormes
» d’application volontaire, ces prescriptions, actuellement élaborées essentiellement par des techniciens spécialistes de la sécurité, pourraient s’imposer progressivement aux décideurs politiques locaux, par exemple par le biais des exigences des compagnies d’assurances. En mai 2000, le groupe miroir français (regroupant au niveau national les personnes intéressées par ce processus de normalisation, et dont l’objet est de définir la position française dans cette démarche européenne) adoptait finalement une position commune tendant à faire part au CEN/TC325 de l’existence de ces réserves et proposait à Copenhague (le 8 juin 2000) que les experts européens se donnent un délai de six mois pour examiner et arrêter une position.»

Cela étant, si les préconisations du CEN, ne sont pas devenues la norme,  « le rapport technique sur la prévention de la malveillance par l’urbanisme, réalisé dans le cadre du Comité européen de normalisation, a permis de structurer les différentes composantes d’une telle démarche en trois types de stratégies: l’urbanisme, la conception et la gestion des espaces, qui constituent les trois niveaux d’actions d’une approche environnementale de la prévention de la malveillance. Il a ainsi créé un outil simple et pratique pour appréhender le problème et faciliter le travail des praticiens et des décideurs (...)  une liste des ''principes de base'' de sécurité partagés par les professionnels, ainsi que le processus à mettre en œuvre pour conduire des projets d’amélioration de la sécurité dans les villes.»  

Toutefois, depuis la loi de 2007 et la publication de son décret d’application, les projets d’une certaine ampleur (programmes neuf ou réhabilitation), tels les grands équipements publics, centres commerciaux, immeubles de grande hauteur, etc., mais aussi les grands projets d'aménagement urbains ou de rénovation de cités (!), sont dans l’obligation de réaliser une étude de sûreté et de sécurité publique. L’objectif est d’anticiper un certain nombre de problèmes d’insécurité que le projet pourrait générer. Le rôle de l’aménagement est donc officialisé en matière de contribution à la sécurité urbaine et devient un champ d’action comme les autres.  Les textes réglementaires qui encadrent la réalisation de ces études poursuivent en fait deux objectifs: créer de nouvelles pratiques professionnelles chez les acteurs de l’aménagement autour de la sécurité urbaine, inciter à un dialogue professionnel entre les acteurs de l’aménagement et ceux de la sécurité (services de police, services gestionnaires, acteurs de la prévention…). De nouveaux décrets parus en 2010 et 2011 ont étendu le champ d’application de la loi à des projets de moindre envergure et l’ont systématisé pour les grandes opérations de rénovation urbaine. 


LIEN


Le Manuel français en ligne au format PDF est ici :

Manual Planificacion Diseño Urbano y Gestion para Espacios Seguros


Manuale Pianificazione Disegno Urbano Gestione degli Spazi per la Sicurezza



Handbook Planning Urban Design and Management for Crime Prevention



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