PARIS : Barricades and Boulevards

Paris : plan des barricades 1795 - 1871 


Carl Douglas


Barricades and Boulevards:
Material transformations of Paris, 1795-1871


Destroying and constructing are equal in importance, and we must have souls for the one and the other”.1
Paul Valéry


Large-scale urban violence is a tumultuous, messy and distressing affair. Materials and patterns of everyday life are blown apart. Amongst death and disarray, important spatial operations that take place in urban conflict are easily overlooked. However, the construction of street barricades and boulevards in Paris between 1795 and 1871 transformed the city. The struggles over these transformations can be described as both the disruption and the policing of what Rancière calls the “distribution of the sensible”. 2

A. BLANQUI : Instructions pour la prise de Paris

Paris 1871


La stratégie insurrectionnaliste blanquiste.


La forme la plus achevée de cette stratégie est la stratégie blanquiste, théorisée dans Instructions pour une prise d’armes. Un petit groupe de conspirateurs armés (entre 500 et 800 dans le cas du coup de force du 12 mai 1839) frappe lorsqu’il croit le peuple subjectivement prêt à l’insurrection agissant à la place du prolétariat inorganisé : ils s’emparent des armureries et distribuent les armes, frappent à la tête le pouvoir politique et les forces répressives (attaque de la Préfecture de police), produisent un plan systématique des barricades et organisent les masses ralliées à l’insurrection. Au niveau tactique, Blanqui faisait grand fonds de la tactique des barricades justement critiquées par Engels. La tactique passive des barricades, suivie par le prolétariat révolutionnaire jusqu’en 1848, et avait pour seule chance de victoire un refus d’obéissance massif des soldats de l’armée bourgeoise, voire leur passage au camp de l’insurrection.
T. Derbent *

Auguste Blanqui
Instructions pour une prise d'armes
1866

Ce programme est purement militaire et laisse entièrement de côté la question politique et sociale, dont ce n'est point ici la place : il va sans dire d'ailleurs, que la révolution doit se faire au profit du travail contre la tyrannie du capital, et reconstituer la société sur la base de la justice.


Saul Alinsky : Donner du pouvoir au peuple, pas aux élites



Donner du pouvoir au peuple, pas aux élites
Entretien avec Saul Alinsky dans le magazine Playboy, 1972.

Via le site du collectif  : Pouvoir d'agir

INTRODUCTION

Ces 35 dernières années, l'establishment américain a été l'objet d'attaques incessantes de la part d'un organisateur communautaire binoclard, vêtu comme un conservateur, ressemblant à un comptable et parlant comme un manutentionnaire. Selon The New York Times, Saul Alinsky « est haï et craint en haut lieu, de la côte Ouest à la côte Est », pour être « une force majeure dans la révolution des sans-pouvoir (...) émergeant comme un véritable mouvement à lui seul. » Et un article du Time magazine concluait en disant que « c'est peu dire d'avancer que la démocratie américaine est en train d'être transformée par les idées d'Alinsky. »

Saul Alinski : Rules for Radicals, 1971



Cet agitateur professionnel organise les quartiers pauvres sur la base des collectivités d'habitation et des communautés. Réformiste, actif, il ne se contente pas de paroles : depuis trente ans, il sème la révolte dans toutes les grandes villes des États-Unis.
Actuel, n° 24, 1972.

Ce qui suit s'adresse à ceux qui veulent changer le monde et le faire passer de ce qu'il est à ce qu'ils croient qu'il devrait être. Si Machiavel écrivit le Prince pour dire aux nantis comment conserver le pouvoir, j'écris Rules for Radicals pour dire aux déshérités comment s'en emparer.
Saul Alinsky

Jean Gouriou
Saul Alinsky
Rules for Radicals
1971

De toute évidence, le niveau de connaissance que le public français a pu avoir d'Alinsky est faible. En présentant la traduction de Rules for Radicals et l'introduction à ce livre enrichie de quelques documents annexes, nous souhaitons simplement que cet homme soit mieux connu. Il est certes provocant et peut exaspérer, mais sa complicité avec la vie des gens et sa santé dans l'action sont choses trop rares pour qu'on ne les retienne pas au passage.

Saul ALINSKY : Être Radical


 Editions Aden, janvier 2012


« Un type a dit un jour que j’étais un marxiste, financé par les églises et qui reprenait les méthodes du gang d’Al Capone… Remarquez, je trouve le mélange intéressant… »

Saul D. Alinsky



A l'occasion de la réédition aux éditions Aden, du livre [manuel intemporel] culte de Saul Alinsky, Rules for Radical publié en 1971, nous remettons en première ligne un de nos premiers articles qui lui était consacré - peu consulté en fait - et publions ici, un texte de la revue Mauvais sang :

Saul Alinsky ou l’angle aveugle de la gauche…
Par Nic Gortz et Daniel Zamora
Revue Mauvais Sang n°3 (Editions Aden)

Introduction

Saul Alinsky constitue l’une des figures les plus emblématiques de la culture populaire radicale aux États-Unis dans les années septante. À ce titre, il incarne une référence dans la vie politique américaine encore à ce jour, ayant eu une influence non négligeable sur des figures actuelles telles que Hilary Clinton ou Barack Obama. Cependant, s’il est un auteur et un activiste reconnu outre-Atlantique, il demeure tout à fait inconnu auprès du public européen. Ses travaux et livres n’ayant fait l’objet que d’une seule – et contestable – traduction[1], Alinsky n’a acquis une certaine reconnaissance que dans le milieu des travailleurs sociaux. Or, si sa pensée est certes méconnue comme sociologue, elle présente pourtant une grande richesse sur les questions liées à l’action sociale et l’émancipation humaine. Ces apports pourraient donc s’avérer, à notre sens, d’un grand intérêt pour l’action politique et la pratique sociologie contemporaine.

Ernesto Che Guevara : Le Socialisme et l'Homme à Cuba


El Lissitzky, l'Homme Nouveau, 1923
   

Pour le ministre de l'Industrie, Ernesto Che Guevara, la question des stimulants, moraux et surtout matériels, celle de la "motivation", seront les fondements même à partir desquels pourra être façonné cet "Homme nouveau" plus sensible aux joies du travail créateur plutôt qu'à l'intérêt matériel : " Nous ne nions pas la nécessité objective du stimulant matériel " écrit Guévara, mais " Nous luttons contre sa prédominance quand il s'agit de l'utiliser comme levier essentiel car il finit par imposer sa propre force aux rapports entre les hommes".  L'attitude nouvelle qu'il espère de chaque individu est de refuser tout stimulant matériel pour n'obéir qu'à des incitations d'ordre moral au service du bien général. La "moralité" de l"'Homme nouveau", contre l'individualisme égoïste, contre la société de consommation excessive, aura été la problématique fondamentale de tous les gouvernements post-révolutionnaires communistes : " Pour construire le communisme, il faut changer l'homme en même temps que la base économique ", résume ainsi  Che Guévara.

Le Socialisme et l'Homme à Cuba
Ernesto Che Guevara
12 mars 1965

Cher camarade,

Je termine ces notes au cours de mon voyage en Afrique. Bien que tardivement, j'espère ainsi tenir ma promesse. J'aimerais le faire en traitant le thème du titre de cet article. Je crois que cela peut intéresser les lecteurs uruguayens.
 

Caracas : Luttes urbaines et Démocratie


Caracas Golpe 2002
Armelle Racinoux
Emiliano Zapata

Luttes urbaines et démocratie à Caracas
(2001-2004).
Vers la redéfinition de l’espace public vénézuélien

L’élection à la présidence du Venezuela d’Hugo Chávez Frias en 1998 a été renouvelée en 2000 et confirmée par le référendum de 2004. Cette période s’est accompagnée d’une crise politique d’envergure. Dans un contexte de tensions classistes, la Coordinadora Democrática 1 (dissoute en 2005) dénonce le mode autoritaire de gouvernement du président à l’agenda « socialiste révolutionnaire » et cherche à le pousser à la démission.Fin novembre 2001, les 49 décrets-lois passés par Hugo Chávez suscitent en effet un tollé politique : ils entérinent entre autres une réforme agraire qui permet la réquisition des terres non exploitées et leur redistribution à des fins productives et une restructuration du domaine clef de l’industrie pétrolière.

CARACAS : Guérilla Communicationnelle

Collectif Guerrilla comunicacional 

Le collectif Guerrilla comunicacional à Caracas, s'inscrit dans la stratégie « Trueno comunicacional » [Tonnerre de la communicationimaginée par le gouvernement du  Président Hugo Chavez, afin  de combattre le monopole et d'opposer une contre-propagande aux médias privés - chaînes de télévision et grands quotidiens - hostiles à la Révolution. Leurs actions ne s'arrêtent pas à couvrir les murs de Caracas et des villes de province,  de [magnifiques] slogans et d'images glorifiant la Révolution - plus que Chavez - : leurs membres forment de jeunes adolescents aux différentes techniques du street art, au sein d'ateliers. Ils nous offrent ce Manual de producción comunicacional destiné à vous en apprendre les rudiments.

La haine des villes, entretien avec É. Hazan et B. Marchand


Grand Paris, proposition équipe MVRDV


Eric Hazan : Je pense que la discussion sur le Grand Paris est absurde : il existe, il est là, sous nos yeux, avec ses dix millions d’habitants. Penser qu’il faut, pour avancer, de grands gestes architecturo-urbanistiques, c’est du cynisme ou de la bêtise – ou les deux à la fois. Le concours dont les projets étaient exposés à Chaillot était à cet égard très éclairant : tout pour les ego, rien pour la ville. Il faudrait retirer le dossier des mains des « spécialistes », faire un recensement précis de ce qui existe, de ce qu’il faut garder, de ce qu’il faut aménager et de ce qu’il faut remplacer. Un micro-travail modeste et long – ce dont sont précisément incapables les grands noms convoqués au Trocadéro.

Entretien sur les banlieues et l’urbaphobie française
À propos de :
Éric Hazan, Paris sous tension, Paris, La Fabrique, 2011.
Bernard Marchand, Les Ennemis de Paris, Rennes, PUR, 2009.
Propos recueillis par :
Germinal Pinalie

Qu’est-ce que « Paris » ? Une ville-État, dominatrice, coeur d’un État centralisateur et bureaucratique qui « pomperait » la substance de la France et l’écraserait de tout son poids ? Pour Bernard Marchand, cette représentation est une pure et simple falsification, qui puise sa force dans la profonde « urbaphobie » française. Selon lui, celle-ci est au principe de la légitimation de l’État, réalisée sur le dos des classes populaires et des banlieues au profit de la province et des zones rurales. Entretien croisé, hautement polémique, avec un autre ami de Paris, Eric Hazan.

Bombay Maximum City


Bombay | photo : Martin Roemers

Suketu Mehta,
auteur de Bombay Maximum City
entretien avec Frédéric Joignot

En 1950, Bombay comptait 2,9 millions d’habitants. Aujourd’hui 19 millions. Soit la moitié de l’Espagne concentrée dans une ville. Ou deux Portugal. Des projections de la « Far Eastern Economic Review » annoncent 33 millions d’habitants en 2030. Des chiffres comme « 20 millions d’habitants » restent abstraits. De préciser qu’à Bombay la moitié de la population n’a pas de toilettes donnera une idée des conditions de vie. SUKETU MEHTA, auteur d'un prodigieux reportage fleuve sur Bombay (aujourd'hui Mumbai), "Bombay Maximum City" qui lui a pris trois ans. Pendant 700 pages pleines de rebondissements et de rencontres, l'auteur décrit de l'intérieur la folle mégapole indienne. Ses bidonvilles où s'entassent 9 millions d'habitants, où se réfugient les voleurs et tous ceux dont la vie s'effondre, sa pollution effrayante avec ce soleil devenu invisible les jours de "fog", sa classe moyenne en expansion faisant vivre d'innombrables petits métiers et craignant toujours de redescendre, ses familles richissimes de Malabar Hill et des producteurs de Bollywood, ses quartiers musulmans inquiets, menacés par les hindouistes radicaux depuis les derniers attentats islamistes, ses voleurs et ses trafiquants, ses prostituées rodant dans les quartiers réservés, ses tueurs payés 500 euros. Bombay, mégapole du Sud, l'avenir du monde - et déjà le présent. "Une nouvelle espèce humaine, une espèce surpeuplée et suburbaine" dit Suketu Mehta.

Arundhati Roy : La face obscure du miracle indien


Bombay, le Palais Antilla.


Non, ce bel édifice, non sans qualité, n'est pas le siège social d'une multinationale,  un ministère ou une administration ou même un immeuble de logements de luxe quelconque, qui dresse ses 27 étages dans le ciel de Bombay, mais la résidence de l'homme le plus riche de l'Inde : Mukesh Ambani.  Plus de 10.000 m²  pour sa famille, soit 6 personnes, pour un coût estimé à plus d'un milliard de dollars. Arundhati Roy voit dans ce palais vertical démesuré - Antilla -  le symbole des maux qui gangrènent la société indienne : corruption généralisée, concentration des pouvoirs dans les mains de quelques grandes familles dont rien ne semble pouvoir contrôler la puissance, tandis que 800 millions de déshérités, spoliés au bénéfice des grands groupes privés, continuent de subir une extrême pauvreté. Non, malgré la démocratie, Rien n'a changé depuis l'époque féodale  où les princes pouvaient bâtir des palais tels que le Taj Mahal. 

Arundhati Roy
La face obscure du miracle indien
21 janvier 2012

Est-ce une maison, un temple érigé à la gloire de l’Inde nouvelle, ou un entrepôt rempli de ses fantômes ? Depuis que Antilla a été bâti dans Altamount Road, à Bombay, exsudant une atmosphère de mystère et de tranquille menace, les choses ont changé. « Nous y sommes », me dit l’ami qui m’a conduit ici. « Fais preuve de respect devant nos nouveaux maîtres. » Antilla appartient à l’homme le plus riche de l’Inde, Mukesh Ambani. Je me suis renseignée : c’est l’habitation la plus chère jamais construite, comptant 27 étages, trois hélipads, neuf ascenseurs, avec des jardins suspendus, des dancings, des gymnases, six étages de parking, et 600 employés. Rien ne m’avait préparée au choc provoqué par cette pelouse verticale, ce mur d’herbe tenu par une structure métallique. L’herbe était par endroit jaunie, et des portions rectangulaires s’en étaient détachées. Visiblement, la théorie du « ruissellement » [de la richesse des plus fortunés vers le bas - ndt ] n’avait pas produit les résultats escomptés.

Le Pentagone, nouveau seigneur des bidonvilles


Irak, photo : Zoriah photojournalism

L’idée de base, soutient la Rand Corporation, est que l’urbanisation de la pauvreté mondiale a produit « l’urbanisation des insurrections »

Mike Davis

Le Pentagone, nouveau seigneur des bidonvilles


Le jeune marine américain est ravi. « c’est le rêve de tous les francs-tireurs », dit-il à un journaliste du Los Angeles Times à la périphérie de Fallujah. « Tu peux aller partout et il y a plusieurs façons de tirer sur un ennemi sans qu’il s’aperçoive où tu es ». 
« Parfois je blesse un type et je le laisse crier un peu pour abattre le moral de ses camarades. Ensuite je tire une deuxième fois ». « Tuer un ennemi » explique-t-il, « te donne une décharge d’adrénaline incroyable ». Il se vante d’avoir fait « 24 victimes confirmées » dans la phase initiale de l’attaque brutale des Usa contre la ville rebelle de 300,000 habitants. Face à une résistance populaire et obstinée qui rappelle la défense de Hue par les Vietcong en 1968, les marines ont déchaîné à nouveau une terreur sans discrimination. Selon les journalistes indépendants et le personnel médical, ils ont massacré au moins deux cents femmes et enfants dans les deux premières semaines de combat.

LIMA : la défaite du PCP-SL




Suite de la seconde partie de ce dossier consacré à la guérilla révolutionnaire du Partido Comunista del Peru en el Sendero Luminoso, à Lima.


Dans une interview accordée en 1991 au quotidien péruvien El Diario – organe du PCP-SL - Abimael Guzmán évoque le rôle des villes et de la capitale dans la guerre révolutionnaire :

« Quel problème nous pose la ville ? Nous avons développé un travail dans les villes et à la campagne; oui, depuis plusieurs années, nous l'avons fait. Il y a eu un tournant et un changement avec la guerre populaire, c'est sûr. Maintenant, notre situation nous amène à voir comment préparer la ville ou les villes pour généraliser la guerre populaire. Tout cela est lié au développement du travail de masses, mais pour et dans la guerre populaire, ce que nous avons fait et continuons à faire; le fait est que nous avons commencé à le développer davantage. Nous pensons que notre action dans les villes est indispensable et qu'elle doit être impulsée chaque fois plus loin, parce que dans les villes se trouve concentré le prolétariat et parce que nous ne devons le laisser aux mains ni du révisionnisme ni de l'opportunisme.

France : Rapport Mal-Logement 2011



10 millions de personnes sont aujourd'hui touchées, de près ou de loin par la crise du logement.
Fondation Abbé Pierre
Rapport mal-logement 2012

Dans son rapport mal-logement 2012, disponible depuis le 1er février, la Fondation Abbé Pierre,  évalue à plus de 3,6 millions le nombre de personnes mal logées ou sans abri, et plus largement à 10 millions celles concernées par la crise du logement. Le mal-logement s'est "profondément enraciné" en France, dénonce, comme chaque année depuis 1954, la Fondation Abbé Pierre, demandant aux candidats à la présidentielle un "véritable changement d'orientation des politiques" car "Le logement est devenu une vraie machine à exclure et à produire des inégalités".