NPA : Présidentielles 2012





Voici le programme du NPA [Nouveau Parti Anticapitaliste] pour la présidentielle 2012, concernant les domaines de l'habitat et de l'urbanisme. Des domaines qui ont toujours été ignorés par l'ex LCR, et ne sont pas abordés par le NPA, qui se désintéresse prodigieusement de l'urbanisation de la France, et de ces conséquences désastreuses – entre autres -pour l'habitat et les transports ; de même, force est de constater ce dédale de prises de positions, de déclarations et de propositions, à propos de l'habitat et des quartiers populaires, présentées pêle-mêle dans le labyrinthe énigmatique de leurs sites internet. 

On s'attendait à - beaucoup - mieux, car le NPA depuis sa création, s'est engagé à s'implanter dans les quartiers populaires afin d'y structurer « son intervention et mieux l’articuler à ses autres champs d’intervention. » Une stratégie destinée à organiser « la pleine participation du mouvement social dans son ensemble, aux luttes spécifiques issues des quartiers mais aussi de celle des militants des quartiers aux mobilisations sociales d’ensemble. »

 Lire la déclaration du NPA à propos du



Une stratégie qui nous rappelle - nous évoque plutôt -  les organisations de la Nuova Sinistra [Nouvelle Gauche],  dans l'Italie des années 1960-1970, lorsque leurs militants décideront de s'implanter dans les grandes cités d'habitat social et les bidonvilles - abandonnés par le PCI, encadrés par l'Eglise - afin de relier luttes sociales, ouvrières et urbaines, de « Prendre la Ville » en unissant ouvriers, employés, étudiants et les citadins confrontés à des injustices spatiales. Avec de sérieuses difficultés - comme le NPA -, Lotta Continua (Gauche révolutionnaire puis radicale) - notamment – s'organisera dans les quartiers populaires. La comparaison ne peut être faite, tant les contextes des époques sont différentes ; mais les méthodes employées par les organisations de la Nuova Sinistra au sein des quartiers populaires constituent – encore aujourd'hui – de sérieux modèles de travail, voire organisationnels. 


| Lire notre article 
 Italie : 1968 / 1974

Un des leurs premiers travaux sera théorique,  et concerne de nouvelles formes de recherche et d'étude constituant un important savoir sur le monde ouvrier et la ville, le rapport de l'un à l'autre. Cette connaissance était d’autant plus riche, qu’elle s’était construite en relation avec les habitants concernés, des intellectuels du monde universitaire et surtout, en-dehors des milieux professionnels de l’architecture et de l’urbanisme, dans une approche interdisciplinaire. Le point important sera de mettre à disposition du grand public cette somme de connaissances et d'approche théorique, et ce, en parallèle à une stratégie communicationnelle informant– comme le NPA – des réelles conditions de vie dans les quartiers dégradés (articles réguliers dans les revues et les quotidiens – aujourd'hui les sites internet - d'exemples de luttes urbaines et de droit au logement). 

A moins que le NPA – de même pour Lutte Ouvrière - n'ait jamais théorisé ou synthétisé sa réflexion sur la ville, voire les quartiers populaires, il laisse tout un champ disciplinaire libre à la disposition du grand capital ; voici donc les quelques lignes dérisoires à propos de l'habitat et des transports – seuls sujets abordés, avec l'écologie - et la banalité de leurs propositions les propulsent dans un dangereux vide idéologique, alors qu'aujourd'hui, 75 % de la population en France est urbaine. Rappelons aux élites du NPA comme de LO, la sentence de David Harvey parue dans L'urbanisation du capital en 2004 : 

« Un urbanisme authentiquement humanisant reste à inventer. C’est à la théorie révolutionnaire de trouver la voie conduisant d’un urbanisme fondé sur l’exploitation à un urbanisme conçu pour l’espèce humaine. Et cette transformation reste de la responsabilité de la pratique révolutionnaire ».





Se loger, un besoin vital

Trois millions de personnes sont très mal logées (sans logement, à l’hôtel, en camping à l’année, etc.) et cinq millions de personnes sont mal logées ou en difficulté (en surnombre, hébergées par de la famille, en impayés de loyer, etc.). Chaque année, 300 personnes meurent de vivre dans la rue. Le besoin estimé en nombre de logements sociaux est de 1 million.

Mais la France n’a jamais eu autant de logements vides, qui servent à la spéculation, tandis que les banque s’enrichissent avec les prêts pour l’accès à la propriété. Aux Etats-Unis et en Espagne, les prêts avec hypothèques, que Sarkozy souhaite généraliser, ont conduit à la misère des centaines de milliers de familles.

Nous voulons la réquisition des logements vides, la construction de 200 000 logements sociaux par an, l’arrêt des ventes de HLM, la renationalisation des HLM vendus et le blocage des loyers pour les limiter à 20 % du revenu.


Transports

L’organisation du transport des personnes et des marchandises est une urgence sociale et écologique : le budget transport représente le deuxième poste des dépenses des ménages. Des millions de salariés sont obligés de prendre la voiture pour se rendre à leur travail, avec un coût financier et écologique absurde. Des quartiers entiers sont totalement enclavés : pour accéder à une autre ville, à un cinéma ou un théâtre, les temps de trajets sont très longs… quand la police ne bloque pas l’accès aux jeunes.

Nous voulons développer massivement des transports en commun gratuits et publics, de proximité et de qualité et rapprocher habitations et lieux de travail. Nous voulons le financement par les entreprises de la totalité des déplacements vers le lieu de travail.


Pour sauver la planète, il y a urgence !

Le mode de gestion de la société, livrée à la dramatique inconscience des marchés, menace l’humanité. Pour le NPA, préoccupations sociales et écologiques sont étroitement imbriquées.

Nous voulons une baisse rapide du recours aux énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz). Cela nécessite de développer massivement les transports en commun gratuits, d’entamer la reconversion industrielle des secteurs les plus polluants : pétrochimie vers le renouvelable, automobile vers la production de
véhicules propres et de transports collectifs, etc. De plus, il faut rénover et isoler l’habitat et recourir aux modes de chauffage fonctionnant à l’énergie renouvelable ou par cogénération.

Il faut rapprocher l’agriculture des lieux de consommation, en réorientant la production vers les besoins locaux et régionaux, interdire progressivement l’emploi des engrais et pesticides chimiques et aller vers la généralisation de l’agriculture biologique, interdire les OGM en plein champ, et garantir le droit d’accès à la terre pour les petits paysans.


Le programme au format PDF dans son intégralité :



LIENS

Présidentielles France 2012 : Introduction


| Lutte Ouvrière

| Front de Gauche


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