Présidentielles 2012 : Lutte Ouvrière



Si on laisse la construction de logement aux mains des intérêts privés et du profit, jamais la crise du logement ne sera résolue.

LUTTE OUVRIERE
Union Communiste (Trotskyste)

Voici le programme de l'Union Communiste (Trotskyste) concernant nos domaines : territoire, urbanisme, architecture. Trois thématiques y sont abordés succinctement : le logement, les quartiers populaires et l'écologie. Rappelons qu'en tant que parti marxiste, la ville n'est que l'aspect particulier d'un problème général et sa forme future est liée à l'avènement de la société sans classe. Il est impossible et inutile, avant toute prise de pouvoir révolutionnaire, de chercher à en prévoir l'aménagement futur : l'avenir demeure ouvert. Ainsi, la principale réponse de l'Union Communiste est, en premier lieu,  de s'attaquer aux racines du mal, à savoir le chômage endémique et il propose l'élévation du niveau de vie de la population, et du travail pour tous, permettant ainsi de loger le plus grand nombre et de faire sortir les quartiers populaires de la misère

Dans ce cadre théorique particulier, sont seulement avancées les grandes lignes d'une politique résolument anti-utopique. Ainsi, la première proposition, s'appuyant sur celle d'Engels est magistrale : réquisition immédiate des logements vacants ; elle répond parfaitement à l'urgence de la situation – catastrophique - : 2.100.000 logements vacants ou inoccupés [dont plus de 100.000 à Paris] permettant de loger – immédiatement - une part des 3.600.000 de non ou mal-logés [selon le rapport de la Fondation Abbé Pierre]. Une mesure exceptionnelle, radicale, d'ailleurs exigée par un certain nombre d'associations de Droit au logement depuis des décennies qui estiment qu'elle serait en mesure de régler un certain nombre de problèmes. Car en effet, il resterait encore à loger 1.500.000 personnes non ou mal-logées, en sachant que la production annuelle envisageable de logement, c'est-à-dire qui réponde aux exigences qualitatives et pas seulement au critère quantitatif,  plafonne à 200.000 unités.

Pour répondre à cette demande – urgente -, la seconde proposition de l'Union Communiste de création d'un service public du logement est tout aussi radicale qui nous rappelle – paradoxalement - les mesures prises par les politiciens de la sociale-démocratie de la République de Weimar en 1920, et dans une certaine mesure, celles, plus récentes, du président Hugo Chavez au Vénézuela, nationalisant une partie du secteur privé de la construction – entreprises de construction, industries du bâtiment, banques, etc. ; et l'emploi de chômeurs pour la construction massive de logements. Une politique ambitieuse maîtrisée par le gouvernement du Vénézuela – qui dispose de ressources pétrolières lui permettant son financement –, et même si le contexte est fort différent, parfaitement inadaptée en République de Weimar du fait de la crise de 1929 : les milliers de logements construits destinés aux ouvriers seront attribués aux classes moyennes. [Lire notre article à propos de la République de Weimar.] Une proposition des plus intéressantes s'attaquant frontalement aux contradictions de la société capitaliste, à l'imbrication naturelle - inévitable - des intérêts privés au sein de la politique de l'Etat,  comme l'affirme très justement Nathalie Arthaud : Si on laisse la construction de logement aux mains des intérêts privés et du profit, jamais la crise du logement ne sera résolue. Tout cela mériterait de la part des militants trotskystes une analyse plus pertinente, "actualisée", et ouvrant vers d'autres horizons... en attendant le Grand Soir. Nous pouvons reprendre les mêmes critiques adressées au NPA qui n'ont jamais théorisé ou synthétisé leur réflexion sur la ville, voire les quartiers populaires, laissant ainsi tout un champ disciplinaire libre à la disposition du grand capital.  Rappelons aux élites de LO comme du NPA, la sentence de David Harvey parue dans L'urbanisation du capital en 2004 : 

« Un urbanisme authentiquement humanisant reste à inventer. C’est à la théorie révolutionnaire de trouver la voie conduisant d’un urbanisme fondé sur l’exploitation à un urbanisme conçu pour l’espèce humaine. Et cette transformation reste de la responsabilité de la pratique révolutionnaire ».


Revenons à nouveau et soulignons cette proposition de réquisition des logements vacants, cette perspective immédiate faite aux millions de non-logés, cette idée de ville équitable, un élan de solidarité nationale redonnant un formidable espoir, l'unique à pouvoir relever ce terrible défi et, paradoxalement, exigeant peu de moyens financiers, certainement moins que ceux envisagés pour la construction de millions de logements neufs et, le plus important, parfaitement réalisable dans un temps qui ne s'étire pas sur des années et des années. 

Voici donc les propositions officielles de l'Union Communiste, concernant ses domaines.

Logement

Pouvoir se loger, avoir un toit, ce devrait être un droit inaliénable, un minimum vital. Pour des millions de femmes, d’hommes et d’enfants, l’absence de logement décent ou durable est un enfer au quotidien. La défaillance du secteur privé, des « lois du marché », dans ce domaine est manifeste.
Des dénonciations de l’abbé Pierre de l’hiver 1954 à aujourd’hui, la construction de logements pour les classes populaires a toujours été en retard sur les besoins. En réalité, c’est une constante de cette économie capitaliste, qui ne construit les logements sociaux nécessaires que dans l’urgence et bien en-dessous des besoins. Car les entrepreneurs du bâtiment estiment qu’il y a bien plus d’argent à se faire avec les logements de luxe et la spéculation immobilière.

Face à cette crise permanente, il faudrait prendre des mesures d’urgence.

Il faut stopper toutes les expulsions. Il faut réquisitionner, parmi les 2,3 millions de logements vides, ceux qui sont immédiatement habitables. Et il faut geler les loyers et interdire les expulsions locatives.

Mais pour prendre le problème du logement des couches populaires à bras le corps, il faut que l’État prenne en charge lui-même la construction massive de logements sociaux. Il faut créer un service public du logement qui se fixe comme objectif la construction de 500 000 logements sociaux par an à prix coûtant et sans générer de profit privé. Ce ne sont pas les travailleurs au chômage qui manquent pour trouver très rapidement des bras supplémentaires sur les chantiers ; ni les jeunes diplômés, architectes et ingénieurs, à la recherche d’un emploi. Si on laisse la construction de logement aux mains des intérêts privés et du profit, jamais la crise du logement ne sera résolue


Les quartiers populaires, 
zones délaissées par l’État

La spéculation sur le logement, qui pousse les promoteurs vers la construction de logements à loyer élevé, a favorisé la concentration des populations ouvrières à la périphérie des villes dans des logements de mauvaise qualité. Si la politique de construction volontariste de HLM menée par l’État , de la fin des années 1950 au début de la crise en 1975, a permis, un temps, un progrès pour la population la plus défavorisée, la crise a transformé ces banlieues populaires en ghettos.
Subissant l’usure du temps, accentuée par le manque d’entretien des bâtiments, ces logements se sont fortement dégradés en même temps que le désengagement de l’État dans le domaine des transports rend les déplacements des habitants de plus en plus difficiles.
Avec des taux de chômage pouvant atteindre 40 % dans certains de ces quartiers, les jeunes sont désœuvrés, condamnés aux petits boulots, à la débrouille – voire aux trafics – et en butte au racisme lorsqu’ils sont issus de l’immigration.
Depuis quelques années, des explosions de violence entre les forces de l’ordre et les jeunes éclatent dans ces quartiers. Avec, comme première victime de ces violences, la population de ces quartiers elle-même.
Les « politiques de la ville » menées par la gauche comme par la droite, ayant prétendument pour objectif de lutter contre cette ghettoïsation, se sont succédé sans rien changer de fondamental. Aucune ne s’est attaquée aux racines du mal, à savoir le chômage endémique et les bas revenus. Mais aucune n’a même consacré des crédits suffisants pour transformer réellement les banlieues populaires et rendre la vie plus facile à ceux qui subissent de plein fouet la crise.
Ce n’est que la solidarité qui existe entre les familles qui leur permet de faire face aux difficultés quotidiennes et à la réduction des services publics, conséquence des milliers de suppressions de postes.
On n’améliorera pas la vie dans les quartiers de banlieue si on ne combat pas le chômage. Ce qui n’empêche pas d’allouer, en même temps, des crédits massifs à la réhabilitation des logements et à l’embauche de tout le personnel qui manque dans ces quartiers – des écoles aux centres de santé, en passant par les animateurs et la vie socio-culturelle. Mais seule une élévation du niveau de vie de la population, et du travail pour tous, permettraient de faire sortir ces quartiers de la misère.

Écologie

Le système capitaliste, dominé par les forces aveugles du marché et uniquement préoccupé de réaliser le maximum de profit, se montre incapable de prendre en compte, à quelque niveau que ce soit, l’intérêt général de la société. Dans le domaine environnemental, sa faillite est manifeste : pollutions de toutes sortes, catastrophes industrielles, gaspillage et absence de gestion des ressources naturelles, etc.
En tant que communistes révolutionnaires, nous militons pour substituer au capitalisme une organisation politique et sociale qui, tout en se préoccupant de satisfaire les besoins des hommes, aura le souci de préserver l’environnement, considérant la nature comme un patrimoine à protéger pour garantir à l’humanité un avenir vivable sur la terre.
La mise en place d’une telle organisation suppose l’expropriation des grands groupes industriels et financiers. Ainsi la collectivité aura les moyens d’organiser véritablement l’économie, en planifiant la production, en choisissant à chaque fois les solutions les moins coûteuses en travail humain et en ressources naturelles.
Une telle organisation nécessite donc la participation active et le contrôle de la population, aussi bien des travailleurs que des consommateurs : c’est la seule garantie que l’intérêt collectif prévaudra dans toutes les décisions.
Tant que les puissances financières et industrielles pourront imposer leur loi à l’ensemble de la société, aucune « politique écologique » ne sera véritablement possible.
Je suis opposée à toutes les mesures, même imposées au nom de l’écologie, visant à restreindre la consommation populaire par des augmentations de prix, par la création de taxes…
Et je me refuse à simplement mettre en cause des techniques particulières, comme les OGM ou le nucléaire… Ce ne sont pas les techniques, mais les conditions de leur mise en œuvre dans ce système, ainsi que l’absence d’information et de contrôle de la population sur ces sujets, qui sont à incriminer.
Pour moi, si être communiste implique forcément d’être « écologiste », militer pour que la société se donne les moyens de maîtriser les problèmes écologiques suppose d’être communiste.


LIENS 


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