Présidentielle 2012 : Politique et Ville Idéale


Gérard Fromanger, 1970 "Drapeau français"


Les présidentielles, en France, sont l'occasion de connaître et d'apprécier les visions de ville idéale sinon les promesses plus réalistes des partis politiques. Certes, les domaines de l'urbanisme et de l'architecture, dans les programmes des candidats à l'élection présidentielle, n'ont jamais été des thématiques importantes, sujettes à des propositions définitives. Les candidats, d'une manière générale, assuraient ou promettaient solennellement aux électeurs plus de logements, un aménagement territorial plus équilibré,  puis plus d'écologie.  L'économie, le chômage, le pouvoir d'achat des français priment logiquement et les questions d'urbanisme et d'habitat suivies de réponses concrètes ou de promesses politiques sont portées lors des campagnes pour les élections municipales. 


Cela étant, aujourd'hui, en France, selon les données de l'Insee 2010,  77,5 % de la population est urbaine , soit près de 48 millions d'habitants, et selon les estimations de la Fondation de l'Abbé Pierre,  8,000.000 personnes sont en situation de mal-logement ou de fragilité dans leur logement, dont 3,600.000 de sans-logis et de très mal logés. A cela s'ajoute encore, l'accroissement phénoménal des prix de vente ou à la location du marché immobilier dans les grandes villes et dans la capitale qui touche depuis plusieurs années maintenant les classes moyennes. Sans parler des difficultés financières concernant  la caution pour les locataires, le remboursement d'un prêt immobilier en cas de chômage, la taxe foncière véritable facteur de ségrégation active, la facture EDF-GDF, l'assurance, les charges, les discriminations sociale ou raciale pour l'accès au logement, le prix et le temps des transports, etc, etc... Et, bien sûr, les expulsions en cas de non paiement. 


Voici un petit état des lieux auquel sont confrontés les français... et les candidats :


77,5 % 



Selon les statistiques données par l'Insee [datée du 25 août 2011], en France, en 2010, 77,5 % de la population française vit en zone urbaine, soit 47,9 millions d'habitants.




Les villes occupent désormais 21,8 % du territoire, soit une progression de 19 % en dix ans. Un rythme plus important que lors des décennies précédentes, mais proche de celui des années cinquante et soixante. « De nouvelles petites unités urbaines sont apparues et le périmètre de certaines grandes unités urbaines s'est agrandi », résume l'Insee. Les villes couvrent désormais 119.000 km² de territoire, contre 100.000 en 1999. Ainsi, 1.368 communes rurales en 1999 sont devenues urbaines en 2010, le plus souvent par intégration à une agglomération, alors qu'à l'inverse seulement 100 communes urbaines sont devenues rurales.

La densité moyenne de population augmente : 113,6 habitants par km² en 2007 (contre 107,6 en 1999). Si elle est stable dans l'espace rural depuis 1936 (33 habitants par km²), la densité de population diminue dans l'espace urbain depuis la fin des années soixante. On compte aujourd'hui 400 habitants au km² en moyenne dans l'espace urbain, contre 600 jusqu'en 1962. La principale raison : l'étalement urbain''La notion d'étalement urbain est souvent utilisée en urbanisme pour décrire une extension des surfaces urbanisées, souvent sous la forme d'un habitat pavillonnaire de faible hauteur avec des jardins. Ce phénomène ne se traduit pas forcément par la transformation de communes rurales en communes urbaines, car l'habitat d'une commune peut s'étendre sans accroissement de sa population. En revanche, l'étalement urbain se matérialise souvent par les constructions le long des routes. Il peut en résulter l'apparition de zones de bâti continu avec des communes voisines, et l'adjonction à une unité urbaine'', analyse l'Insee.

Ainsi, la superficie totale des très grandes agglomérations (de 200.000 à 2 millions d'habitants) a augmenté de 30 % par l'absorption de communes (+ 3.800 km²). Mais c'est surtout la superficie des petites unités urbaines (moins de 10.000 habitants) qui a le plus augmenté (+ 9.700 km² entre 1999 et 2010), soit par l'agrandissement d'agglomérations existantes, soit par l'apparition de nouvelles villes isolées. Les petites unités urbaines sont responsables de plus de la moitié de la croissance urbaine alors que seulement 16 % de la population urbaine y vit. ''La croissance du territoire urbain s'observe donc surtout dans la partie la moins dense de l'espace urbain, et plus particulièrement sous la forme d'unités urbaines multicommunales''.

La France métropolitaine compte aujourd'hui 28 unités urbaines de 200.000 à moins d'un million d'habitants. Sont entrées dans cette catégorie depuis 1999 : Le Mans et Bayonne, qui a fusionné avec l'unité urbaine frontalière d'Hendaye. Parmi les très grandes unités urbaines, Nice, Toulon, Toulouse et Douai-Lens, qui s'étaient beaucoup développés dans les années 1990, ont cessé de s'étendre. En revanche, Avignon a connu ''une extension spectaculaire'', en englobant notamment les unités urbaines d'Orange, Cavaillon et l'Isle-sur-la-Sorgue. Montpellier a absorbé Lattes et Prades-le-Lez. Saint-Étienne a fusionné avec Saint-Chamond.


8.000.000



Le second chiffre est encore plus extraordinaire : selon les estimations de la Fondation Abbé Pierre pour 2010, 3,6 millions de personnes sont non ou très mal logées, plus de millions en situation de fragilité à court ou moyen terme dans leur logement.

La problématique du mal-logement recouvre des réalités diverses (sans domicile et absence de logement personnel, mauvaises conditions d’habitat, difficultés pour se maintenir dans son logement...), que la Fondation Abbé Pierre cherche à mettre en lumière dans un état des lieux chiffré. Mais un certain nombre de situations demeurent encore trop méconnues, faute de données existantes ou suffisamment fiables (problématique des « squats », difficulté à estimer de manière fiable les personnes vivant en bidonvilles ou en camping à l’année, question de la mobilité et des trajectoires...).





À partir de ces différentes situations, il est possible aujourd’hui d’estimer, sans doubles comptes, que 8 millions de personnes sont en situation de mal-logement ou de fragilité dans leur logement. Sans compter les situations de cumul de difficultés, auxquelles sont confrontées 1 million de personnes...  [Lire notre article




5.000.000


Une étude de l'Insee [2006] indique que sur les 26 millions de l'ensemble des logements, plus de cinq millions sont encore sans confort minimum : 2,23 millions ne disposent pas de chauffage suffisant, 1,3 million sont soumis à l'humidité, 947.000 sont dans un immeuble insalubre, 182.000 n'ont pas d'eau chaude.



Inégalités


Entre 2004 et 2010, les 10 % les plus fortunés ont vu leur patrimoine moyen augmenter de 400 000 euros. Les 10 % les moins fortunés ont gagné 114 euros... Entre 2004 et 2010, 

== les 10 % des ménages les plus fortunés ont vu leur patrimoine moyen augmenter de 400 000 euros, passant de 840 000 à 1,2 million d’euros, soit + 47 %. 
== celui des 10 % des ménages les moins fortunés a augmenté de 114 euros (de 1 237 à 1 351 euros), soit + 9 %. 
== le patrimoine des ménages au milieu du gué, entre 40 et 50 %, a progressé de 36 000 euros, soit un gain de 45 %.

En 2004, la fortune des 10 % les plus riches était 680 fois plus élevée que celle des 10 % les plus pauvres, l’écart était de 840 000 euros. En 2010, c’est 920 fois plus et 1,2 million d’euros de différence. Au cours des six dernières années, les écarts entre les fortunes se sont nettement creusés, alors même qu’entre 2008 et 2010 la valeur des actions a fortement chuté. Deux raisons principales expliquent ce phénomène : la hausse des écarts de revenus (qui permettent d’épargner) et celle des prix de l’immobilier.




Programmes 

Politiques



En regard de ces chiffres,  les domaines de l'urbanisme et de l'habitat vont-t-ils s'immiscer dans les débats, prendre davantage d'ampleur dans les programmes ?

Nous attendons -avec impatience- le programme et les réponses de Lutte Ouvrière et du Nouveau Parti Anticapitaliste concernant l’aménagement du territoire,  l’urbanisme, le développement des villes,  l'habitat...  Qui à ce jour se résument à rien si ce n'est pour l'écologie responsable et l'habitat social, quelques platitudes énervantes, conventionnelles. Dans le labyrinthe de leur site Internet, les rarissimes articles consacrés [qui ne datent pas d'un ou deux ans] se résument à plus de logements sociaux, plus d'écologie. Avec toutefois une mention spéciale pour le NPA qui semble maintenant préoccupé par le sort des habitants des grands ensembles. 


Voici les programmes parus des partis politiques concernant l'urbanisme, au sens large du terme, et l'habitat dans le cadre de la présidentielle 2012 :





PRÉSIDENTIELLES FRANCE 2012


| Lutte Ouvrière

  Programme Union Communiste

| Parti Socialiste 
   41 propositions pour une nouvelle société urbaine

| Front National
   Programme du Front National

| Front de Gauche

    L'humain d'abord


| Fondation EMMAEUS : Rapport mal-logement 2012


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