China Miéville : The City and the City

China Miéville
If Philip K. Dick and Raymond Chandler’s love child were raised by Franz Kafka, the writing that emerged might resemble… The City & The City.
Los Angeles Times
China Miéville
The City and The City
China Miéville est membre du Parti socialiste anglais, parti trotskiste d'extrême gauche, et s'est présenté à la Chambre des Communes de 2001 en tant que candidat de la Socialist Alliance (il a obtenu 1,2% des votes).

Le principal personnage du roman de science-fiction/fantastique/policier The City and The City est une ville, une ville double : Besźel et Ul Qoma. Les habitants des deux villes ont cette particularité de "dé-voir", ne pas voir, ("unsee" en anglais) les habitants, bâtiments et évènements de l'autre ville, de les effacer consciemment de leur esprit. Elles sont cependant perméables, un habitant d'une ville peut observer, voire interagir avec des éléments de l'autre cité. Une possibilité interdite par la loi et strictement contrôlée par une mystérieuse organisation nommée Breach.


Qui nous rappelle tout à la fois certains murs de sécurité érigés pour séparer, ghettoriser,  protéger et peut-être, l'attitude de tout bon citadin -y compris vous et moi-, habitué à la pauvreté qui l'entoure qu'il finit par ne plus voir ou ne plus vouloir voir, par simple construction de l'esprit, par habitude, ou selon les règles de société.

Les opinions politiques de Miéville apparaissent en filigrane dans ses livres (notamment dans Le Concile de fer). Mais China Miéville dépasse la réalité, le stade de la critique, Miéville se réjouit davantage des tentatives de « créer des monstres qui n'ont jamais existé auparavant. » : The City and the City n'est pas un plaidoyer et il ne porte pas de jugement contre l'absurdité apparente ou le manque d'humanité, il nous offre un environnement tel quel, nous laissant avec le héros policier Tyador, le soin d’apprécier le monde tel qu'il est. 
De nombreuses discussions houleuses et sans fin sur les relations entre politique et écriture l'opposent fréquemment à des écrivains de droite lors des salons littéraires. A cela, Miéville déclarait : «Je ne suis pas un gauchiste qui essaie de faire passer clandestinement un message maléfique par les moyens néfastes de romans de fantasy. Quand j'écris mes romans, je n'écris pas pour exprimer des points de vue politiques.» ; «Evidemment. Ces romans développent des thématiques autour du racisme, des inégalités sociales, de l’exploitation ou de l’aliénation, etc. Cependant - et je fais cette réponse à chaque fois qu’on me pose la question - cela ne veut pas dire que mes livres ont pour sujet la politique ou qu’il soit nécessaire d’adhérer à mes opinions politiques, ni même de s’y intéresser, pour les lire. Mon objectif est que mes romans fonctionnent avant tout comme des histoires, des fictions. Evidemment, si des lecteurs s’intéressent à la politique, tant mieux. Mais la fiction ne peut pas passer derrière la politique, sinon j’aboutirais à de la mauvaise fiction... et à de la mauvaise politique.»

Quoiqu'il en soit, la fantastique imagination de Miéville nous offre un monde urbain passionnant à découvrir et une intrigue policière plus classique mais prenante.




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