Paris et son mur périphérique

Paris capitale de la France,  en fait


L'étrangeté urbaine du périphérique parisien est le seul cas au monde d'urbanisme à ce point ségrégatif entre une capitale et son pays, entre une ville et sa périphérie. A l'étranger, et notamment auprès des urbanistes réputés de Gauche, il fait encore aujourd'hui figure de symbole négatif. Jugement que l'on peut retrouver également dans une moindre mesure dans les guides touristiques destinés au grand public [Lonely Planet, etc.]. En France, la position sur la question du devenir de ce mur infranchissable des [st]architectes réputés,  concorde parfaitement avec celle des politiques : il s'agit de le préserver en aménageant des «passerelles » ponctuelles susceptibles de re-lier la capitale à certaines zones des communes périphériques et en atténuant, autant que possible, les nuisances sonore et visuelle. Aucune voix n'exige la démolition pure et simple des 35 kilomètres de ce monstre de béton instituant une frontière quasi étanche entre la ville riche et l'agglomération pauvre. Ce qui paraît être l'unique solution, certes radicale, pour ouvrir Paris à sa périphérie, largement, généreusement et au-delà, symboliquement.

Photo : François Lacour


Le politique : Pierre Mansat


Le conseiller [ex]-communiste et maire adjoint de Paris, Pierre Mansat, est aujourd'hui à la tête du réseau Paris Métropole ouverte et élu depuis juin 2011, président de l'Atelier international du Grand Paris. L'implication de Mansat dans le domaine de l'urbanisme parisien est considérable car outre sa récente nomination, il est membre de plusieurs organisations, associations et syndicats : président de l'association CAUE : le Conseil d'architecture, d'urbanisme et d'environnement de la Ville de Paris, administrateur du Syndicat des transports d'Île-de-France (STIF) qui organise le système des transports dans la Région (tarifs, décision de créations de lignes, révision du plan de déplacements), vice-Président du Syndicat interdépartemental pour l'assainissement de l'agglomération parisienne (SIAAP), vice président de l’Atelier Parisien d’Urbanisme (APUR), dont la présidente est Anne Hidalgo, 1ère adjointe au maire, vice-Président de l’Institution Interdépartementale des Barrages Réservoirs du Bassin de la Seine, vice-Président de l’Office des Congrès et du Tourisme de Paris.

Bref, un homme occupé, peut être trop pour accorder quelque importance aux conditions de vie réelle des franciliens ; car malgré une position extraordinaire dans le système de décision de la capitale et de la région, il s'emploie à mettre en oeuvre un réformisme bourgeois de petite portée qui s'accorde parfaitement à celui des élus UMP et qui insulte, à nouveau, l'image du parti communiste français [Mansat, maintenant DVG, participe encore au Groupe Communiste du Conseil de Paris], déjà moribond. Aucun projet urbain ambitieux de grande portée, ni même de prise de position, et notamment en faveur des plus humbles -parisiens et franciliens- ne viennent étayer son prétendu communisme de parade.

Le périphérique, lieu de refuge des SDF, Photo : François Lacour

Pendant de nombreuses années, il fut en charge à la demande du maire, d'«ouvrir Paris sur sa banlieue ». Son travail pendant le premier mandat porte notamment sur la couverture du périphérique, la création du tramway et l'impulsion de nouvelles relations entre la capitale et les villes voisines. Ainsi déclare-t-il dans un article de son blog : « Le terme «périphérique» est, dans un certain sens, devenu obsolète. L'ouvrage d'art est désormais situé au milieu d'un territoire qui est appelé à devenir sinon le cœur, du moins l'un des poumons de l'agglomération.»[sic]

Le périphérique, lieu de refuge pour les SDF, Photo : François Lacour

Ainsi, le maire de Paris, Bertrand Delanoë et Pierre Mansat, en décidant de la construction d'une ligne de tramway encerclant la capitale renforce davantage l'effet de coupure, ajoute une seconde barrière moins néfaste pour les échanges entre ville et périphérie, mais tout aussi puissante dans la symbolique. Plutôt d'encercler, il aurait fallu, le plus logiquement du monde et au contraire, prolonger les axes de transport public au plus profond des banlieues.

Les architectes

Dans un précédent article, nous avions souligné que les propositions des grandes stars de l'architecture qui ont été sollicité lors de la consultation pour le grand Pari$, relevaient du néo-libéralisme le plus débridé, voire décomplexé pour certains ; une sorte d'écho urbanistique des discours des politiciens néo-libéraux.

Il est évident, aujourd'hui, que Paris manque d'espace, pour l'habitat et pour l'implantation de sièges sociaux internationaux. Nous avions évoqué, dans un article précédent, la petite mais très efficace ritournelle consistant à nommer les quartiers périphériques de la Défense, situés à Courbevoie, Paris-La Défense, donnant ainsi aux entreprises internationales l'adresse prestigieuse et permettant ainsi, de soulager de la pression spéculative, l'immobilier parisien haussmannien (dédié à l'habitat) qui faisait, à l'époque, l'objet de toutes les convoitises. Aujourd'hui, cette pression s'exerce également sur l'habitat, après les riches provinciaux, les couches sociales supérieures internationales et notamment des pays émergents,  ont jeté leur dévolu sur la capitale. Paris est donc condamnée à trouver de nouveaux espaces dans son enceinte [voies ferrées au nord] et dans son immédiate périphérie, déjà colonisée par les classes moyennes exilées à Ivry, Montreuil, Pantin, etc. Dans ce cadre, la décision de Nicolas Sarkosy, d'ouvrir le débat et de réfléchir sur la grande échelle est totalement cohérente et pleinement justifiée. Une idée d'ailleurs nécessaire car Paris en fait, était sans doute la dernière grande capitale du monde à ne pas avoir étendu son rayon décisionnel ou administratif à sa périphérie. Bien entendu, la manière de procéder tient, au contraire, davantage au despotisme plus qu'à une généreuse intention d'une réflexion partagée par l'ensemble des franciliens, qu'ils soient politiciens, architectes ou simples citoyens.


Photos : François Lacour

Le problème de l'extension du domaine de la lutte urbaine vers de nouveaux territoires rappelle celui auquel était confronté le baron Haussmann. Thierry Jeanmonod évoque dans un article que "à cette époque, la rénovation active du centre de Paris déplace une partie des classes laborieuses dans les communes de la proche banlieue. Montrouge, les Batignolles, Belleville, la Chapelle deviennent selon Haussmann « une ceinture compacte de faubourgs construits au hasard, couverts d’un réseau inextricable de voies publiques étroites et tortueuses, de ruelles et d’impasses où s’accumulent avec une rapidité prodigieuse des populations nomades sans lien réel avec le sol et sans surveillance efficace ». Il traite ces communes où s’est réfugiée la population chassée du centre par ses travaux « de véritables parasites ». Haussmann convainc donc l’empereur Napoléon III d’annexer les communes périphériques pour faire passer ainsi Paris de 12 à 20 arrondissements de façon à contrôler, tant du point de vue administratif, fiscal, policier que physique l’ensemble du territoire urbanisé. Cette solution, qui contribuera pendant quelques temps à assurer un semblant de paix et de salubrité à Paris ne sera pas pérenne, puisque se construiront, toujours dans le même désordre, les banlieues au-delà des nouvelles limites de Paris et notamment celles que l’on appellera la « ceinture rouge » de Paris qui se prolongent aujourd’hui vers « les quartiers et cités »."


Bien évidement, les différences sont fortes entre hier et aujourd'hui mais force est de constater que les réflexions en cours sur le grand pari$ procèdent de la même logique. Pierre Mansat, par exemple, reprend les mêmes termes : « L'avenir de l'agglomération, au moins pour sa zone la plus dense, se joue en partie de part et d'autre du périphérique, parfois en profondeur des territoires concernés. On y localise les derniers grands espaces à reconquérir, qui offrent un potentiel exceptionnel de développement, tant en matière de logements que d'activités économiques.»

Dérisoire mur anti-bruit,  Photo : François Lacour
  Photo : François Lacour

Ainsi, les architectes consultés pour grand pari$, se contentent de reprendre les décisions des politiques et concernant le périphérique, aucun équipe n'avance l'idée d'une possible démolition, voire même un simple réaménagement en boulevard urbain. Christian de Portzamparc, architecte réputé internationalement, renforce encore davantage la barrière en installant une sorte de métro aérien au-dessus des voies du périphérique. Le redoutable architecte Yves Lion, propose de construire au plus près des rocades autoroutières reconfigurées, malgré le danger aujourd'hui reconnu publiquement de leur effet cancérigène, et notamment auprès des enfants de moins de quinze ans. Jean Nouvel, architecte du plus parfait néo-libéralisme, propose de renommer les communes périphériques, Paris-Gennevilliers, par exemple. Etc. etc., etc.

C. de Portzamparc, architecte, mais pas urbaniste.

Revenons, en guise de conclusion vers le président de l'Atelier international du Grand Paris, Pierre Mansat qui évoquait dans un brillant article [sur son blog] à propos du périphérique parisien, les recherches et les études des architectes André Lortie et Jean-Louis Cohen, la parution des ouvrages Territoires partagés - L'archipel métropolitain, et Paris, La Ville du Périphérique, les expositions éponymes au Pavillon de l'Arsenal, l'organisation d'un séminaire d'histoire sur les «Relations Paris-banlieue», des études de l'Atelier parisien d'urbanisme sur le paysage urbain de la couronne, etc, et son livre de chevet No limit, présentant une série de projets de l'agence TVK. Selon lui, ses contributions ont été des étapes essentielles dans la prise de conscience collective que la métropole mérite d'être sujet d'étude, de débat, de recherches, de représentations.

Il oublie, parmi tant de choses, l'excellent chapitre du livre Les Ghettos du Gotha de Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, intitulé Périphérique des riches, périphériques des pauvres. Que nous avons le plus grand plaisir à publier ici.


Les Ghettos du Gotha
Monique Pinçon-Charlot, Michel Pinçon



Périphérique des riches, périphérique des pauvres


Le boulevard périphérique, autoroute urbaine entourant Paris, constitue une barrière visuelle, sonore et matérielle qui conforte l'opposition entre Paris et sa banlieue. Sur ses 35,5 kilomètres, construits entre 1956 et 1973, circulent chaque jour plus de un million de véhicules.

Mais selon que l'on est riche ou pauvre le périphérique change de physionomie. Au nord et à l'est, il a un air rébarbatif au point que l'on cherche avant tout à le fuir. Il tranche à vif dans le tissu urbain, ayant repris le tracé des fortifications élevées dans les années 1840. Bruyant, malodorant, obstacle infranchissable, sinon par les passages peu engageants des anciennes portes de la ville, datant de l'époque où elle était enfermée dans ses remparts, il vient parachever l'accumulation de cités d'HBM ou d'HLM, de stades, de gymnases, de casernes, de lycées, d'entrepôts de la voirie parisienne, de déchetteries, de parkings de la fourrière, qui, établis à l'emplacement des bastions et des murailles militaires, continuent de marquer la séparation de la capitale d'avec son pays. Paris et sa banlieue se tournent le dos, s'ignorant là où elles sont en contact apparent il ne viendrait pas à l'idée d'un Parisien de franchir à pied ce monstre urbain et l'on ne voit guère de banlieusard se risquer à traverser les sinistres échangeurs pour rejoindre la ville lumière aux abords si répulsifs. La volonté de bien délimiter la frontière entre Paris et la banlieue est soulignée dans le cadre des réflexions sur la conception du périphérique par l'inspecteur général, chef des services techniques de topographie et d'urbanisme. «Paris, écrivait-il, doit être définie d'une manière élégante et précise, afin que les étrangers, abordant l'Île-de-France, puissent dire, voici Paris, sans la confondre avec Levallois, Aubervilliers, Pantin, Vitry ou Malakoff.» Ne sont nommées que des communes toutes populaires à l'époque.

Photo : François Lacour
Photo : François Lacour


Mais, à l'ouest, à partir de la porte d'Asnières, le paysage change. Apaisé, en tranchée, enterré, le périphérique se fait discret. On le traverse sans en prendre conscience. Le deuxième maillon du périphérique, au droit du bois de Boulogne est traité en 1970 avec beaucoup d'égards pour ne pas trop altérer l'agrément du bois et ménager le confort des riverains, tout en évitant l'hippodrome d'Auteuil. Le ruban aux couleurs de la capitale est coupé le 25 avril 1973 à hauteur de la porte Dauphine par Nicole de Hauteclocque, présidente du conseil de Paris. Les débats ont été ardents pour ménager le confort des Neuilléens. Ainsi entre Bernard Lafay, conseiller municipal du 17earrondissement, et Achille Peretti, maire de Neuilly. Le premier défendait un parcours du boulevard périphérique qui lui aurait fait longer la Seine à Neuilly où il aurait emprunté le boulevard Koenig. Achille Peretti était en opposition totale avec un tracé «qui mettait en danger les quartiers résidentiels de sa localité» ( Paris-Presse, 11 mars 1965). Son idéal, qui est devenu la réalité, était de préserver à la fois sa ville et le bois de Boulogne en réalisant le périphérique en souterrain. Le conseiller du 17e en objectait le coût exorbitant en raison de la nature du sol, argileux et sablonneux dans la traversée du bois, et des frais de fonctionnement d'une telle infrastructure qui doit être généreusement éclairée et ventilée en permanence. C'est pourtant la solution qui fut retenue, certainement la plus agréable pour tous les riverains potentiels de cette autoroute urbaine à ce point de son parcours. L'histoire se répète l'enfouissement de la RN 13 sera un autre gouffre financier. Mais rien n'est trop beau pour les beaux quartiers.

Photo : François Lacour


Le boulevard périphérique est exemplaire de l'hypocrisie de l'égalitarisme républicain. Le discours et les premières impressions plaident pour une autoroute urbaine qui fait le tour de Paris dans la plus grande indifférence quant aux quartiers traversés, ou plutôt effleurés. Mais un examen plus attentif montre que ce boulevard aérien disparaît sous terre à l'ouest, passant en quelque sorte par la porte de service. Au nord et à l'est, il en prend à son aise et permet de jeter un regard indiscret sur les immeubles qu'il serre de près. Alors, il «fait office de révélateur de l'hétérogénéité des aménagements réalisés avant sa création», sur l'emplacement des anciennes fortifications. HBM et HLM à l'est, élégants immeubles privés à l'ouest. «dans la mesure où la cession des terrains destinés aux HBM est fixée au taux unique de 100 francs au m², il était tentant de les implanter sur les sites les plus désavantagés et de valeur marchande plus faible.» Ce que les choix dans la conception du boulevard périphérique n'ont fait que conforter.

Aussi modeste que le métro, lorsqu'il n'est pas aérien, le périphérique assure donc en catimini et en sous-sol un trafic intense. Et cette discrétion permet un face-à-face consensuel entre des voisins, Neuilléens et Parisiens, qui se connaissent et s'estiment, habitant un arrondissement chic et une banlieue attrayante. Les portes qui exigent de passer sous le périphérique et les implantations diverses qui dissuadent toute promenade à l'est deviennent plaisantes à l'ouest. La porte Maillot est devenue une véritable place avec en son centre un espace vert, accessible par des souterrains, qui offre toute quiétude au promeneur. L'expédition vaut la peine d'être tentée à rien à voir avec la porte de la Chapelle, on est ici à l'air libre, la circulation passe en tranchée et en souterrains. Le trafic est d'une intensité comparable à celui de l'échangeur de la Chapelle ; il vient de l'Étoile, ou de la Défense, et le croisement entre cet axe et le boulevard périphérique ouest n'a rien à envier à celui du périphérique et de l'autoroute du Nord. Mais, dans le 16e arrondissement, on a tout simplement escamoté un échangeur qui est plus vaste que la place de l'Étoile. De cet espace vert, certes entouré par le ronflement des moteurs, la vue est imprenable sur l'avenue de la Grande-Armée et l'Arc de Triomphe sur sa butte. De l'autre côté, le regard porte sans obstacle jusqu'à la Grande Arche, après avoir parcouru l'axe central de Neuilly et s'être un peu attardé sur la forêt de tours qui montent la garde devant la Défense. Un endroit d'une ampleur rare qui fait prendre la mesure de la vision des urbanistes d'autrefois qui n'avaient aucune réticence devant la grandeur. Il est vrai qu'ils étaient au service du roi.

La ville est un lieu de sédimentation, voire de fossilisation des inégalités, qui inscrit dans sa structure et ses paysages le produit des rapports sociaux auxquels elle sert de cadre et de miroir. Le pouvoir des classes dominantes est donc aussi un pouvoir sur l'espace. Les enjeux en ce domaine sont vitaux il y va des conditions de vie et de la reproduction des positions sociales. La haute société ne laisse rien au hasard et sa mobilisation de tous les instants et sur tous les fronts est l'une des clefs de ses succès. La capacité à se reconnaître, à s'apprécier comme appartenant au même monde en est une autre. C'est elle qui permet cette collusion qui n'est pas délibérée parce qu'elle va de soi. Toutes sortes de professions peuvent ainsi être mobilisées hauts fonctionnaires, avocats, fiscalistes, architectes, hommes d'affaires oeuvrant dans l'immobilier, hommes politiques, tout un monde ayant du pouvoir sur la ville, sur le patrimoine, sur les projets urbains et d'aménagement. Cette proximité sociale et professionnelle permettant d'influer sur les prises de décision suppose des trajectoires scolaires similaires ; l'Institut d'études politiques (IEP) de Paris et l'École nationale d'administration (ENA) reviennent fréquemment dans les biographies. On a ainsi tout naturellement une collusion de fait entre les élites. Celle-ci a pu être observée dans la manière dont fut décidée la couverture du boulevard périphérique de Paris pour les seuls arrondissements de l'ouest. Les débats de l'époque sont révélateurs de cette recherche d'une préservation systématique des conditions de vie de ses semblables de la part des décideurs proches ou appartenant à cette haute société. En principe la loi est la même pour tous. Dans les pratiques de l'aménagement urbain, il y a deux poids et deux mesures.


La mobilisation des semblables pour des intérêts communs est une des formes d'existence de la classe. Il n'y a pas besoin de longs conciliabules, de négociations tendues. La cooptation de ses pairs dans les rallyes, les cercles, les conseils d'administration est un processus fondamental du fonctionnement des classes supérieures. Il assure une adéquation spontanée des objectifs et des moyens de les atteindre. Encore est-il nécessaire, pour cela, de reconnaître immédiatement son semblable.

Monique Pinçon-Charlot, Michel Pinçon


Paris, les anciennes fortifications démolies à partir de 1919


Paris, le périphérique
Paris, projet rocades sous l'ère Pompidou

Sources :


Les Ghettos du Gotha
Monique Pinçon-Charlot, Michel Pinçon

Peurs sur la ville : Paris, Amsterdam, Londres, XIXe – XXe siècle
Thierry Jeanmonod [Architecte, urbaniste, enseignant]

Photographies
Francois Lacour

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