Elites, Elus et Gaz

Haus Ruker Co 

La presse nationale et locale n'a pas estimé nécessaire de relater cet incident, intervenu le 20 septembre 2010 lors du colloque “Dessine moi une écométropole” qui se déroulait à Nantes [judicieusement dans le Hangar à bananes ] réunissant les élites nationales [ ministre, maires, fonctionnaires, journalistes, architectes, urbanistes] qui président à la destinée de nos villes, ou plutôt de leur territoire. Un groupe de manifestants anonyme et inconnu, qualifié d'extrémiste, naturellement, a ainsi perturbé ce colloque payant [200 €uros] en diffusant généreusement un gaz puant, signant leur fait d'arme par un tract dont voici quelques lignes : 

 En ces temps de crise, l’incessante urbanisation ne cesse d’appauvrir nos vies. Si vous voulez réellement vivre sur une terre de projets, cessez d’imposer les vôtres. 
Nous, on n’a qu’une chose à dire : 
Dégagez, on ne vous laissera plus nous aménager !



Tout ceci a quelque peu perturbé le nez des 400 élus et experts, dont les maires Jean-Marc Ayrault, Joël Batteux et Daniel Delaveau, Laurent théry et Jean-Louis Subileau, grand prix de l'urbanisme en France et de quelques journalistes de la revue Urbanisme, que présidait Benoist Apparu, secrétaire d’Etat chargé du Logement et de l’Urbanisme.

Ces éminents ont cependant pu reprendre après un instant de panique et d'indignation, leurs discussions à propos d'urbanisme en s'interrogeant sur " comment concevoir un territoire à grande échelle " et sur les moyens envisagés pour " réussir à concilier économie et écologie, soutenir l'agriculture de proximité, faciliter la vie en inventant des moyens de transport, produire des logements en étant économe en foncier, préserver l'équilibre entre espace urbanisé et espace naturel..."

C'est à dire la sempiternelle question qu'ils se posent chaque année depuis des décennies et dont on voit quotidiennement les effets et les méfaits. Cela nous rappelle l'International lettriste qui appelait à contrarier ces mêmes réunions qui se tenaient à leur époque avec les mêmes acteurs institutionnels et professionnels. 



Aujourd'hui ce ne sont plus les sages philosophes qui appellent à contrarier ses sommets de l'hypocrisie et du cynisme mais bien les groupes inconnus ou anonymes qui s'invitent pour perturber et dénoncer les injustices. Voici un second exemple, qui lui, par contre a fait l'objet de quelques lignes dans la presse.



Marseille : une réunion publique tourne mal, 
la mairie porte plainte

Un groupe d’une quinzaine de personnes a perturbé jeudi soir une réunion publique organisée à Marseille sur l’extension d’Euromed, projet de réorganisation urbanistique de la zone portuaire, et la mairie a porté plainte, a-t-on appris vendredi de source proche de l’enquête.

Le groupe, qualifié d’«anarcho-libertaire», selon la même source, a jeté de la peinture et des œufs sur les élus présents, notamment le président d’Euromed Guy Teissier, député UMP des Bouches-du-Rhône, et le maire du 1er secteur de Marseille, Patrick Menucci (PS). Des coups ont été échangés et la caméra d’une chaîne de télévision locale brisée. Les incidents sont survenus vers 21H00 à la faculté Saint-Charles, dans le centre-ville. La Sûreté départementale, chargée de l’enquête, n’a procédé à aucune interpellation pour l’instant.

Leur presse (Agence Faut Payer), 18 février. 
[Source Juralibertaire] http://juralibertaire.over-blog.com/

Marseille : le débat sur le parc de la Porte d'Aix 
finit en pugilat

Jets de peinture, lacrymo… des élus ont été vivement pris à partie hier soir par la mouvance anarchiste.

Une réunion tendue, voire, allez, «un peu chaude», ça, les élus et l'équipe d'Euroméditerranée présents hier soir à la fac Saint-Charles pour débattre avec les Marseillais de la création d'un parc à la Porte d'Aix s'y étaient tous préparés. Certainement pas à devoir quitter la salle sous les cris et les insultes, ou, pour certains, recouverts de peinture jaune ! Ainsi agressée par une jeune femme, l'élue UMP à la Sécurité Caroline Pozmentier ripostait par une gifle avant qu'en catastrophe, le staff d'Euroméditerranée ne les sépare, sous les regards médusés des élus et du public.

Notre confrère de LCM voyait pour sa part sa caméra brisée, le tout dans des relents de gaz lacrymogène. Hier soir l'amphi Peres, c'était un surréaliste K.O. à OK Corral. «Nous voilà beaux», soupirait en quittant la salle une dame, désolée, de voir ce débat très attendu ainsi «confisqué». 3000 personnes, des riverains principalement, avaient en effet pris part aux précédentes phases de la concertation. L'assemblée d'hier devait en être le point final. Mais, dès les premières minutes, la réunion partait dans le mur.

Stratégiquement installés dans les gradins, une dizaine de jeunes, identifiés un peu plus tard comme appartenant à la mouvance anarchiste, s'employaient à phagocyter les échanges : «Y a pas de débat, tout est déjà décidé, votre concertation c'est du bidon», lançait l'un. «Vous voulez mettre les pauvres et les Arabes dehors», enchaînait un autre. «Et les SDF, hein, ils iront où les SDF ?» En bas, à la tribune, François Jalinot, directeur de l'établissement public Euroméditerranée, son président Guy Teissier, celui de la Communauté urbaine, le PS Eugène Caselli, les maires de secteur PS Lisette Narducci et Patrick Mennucci ainsi que les adjointes UMP Laure-Agnès Caradec et Caroline Pozmentier voyaient la réunion leur échapper.

Certains tentaient bien de ramener l'ordre — en vain. «Vous n'êtes pas intéressés par l'avenir de Marseille, vous êtes des perturbateurs», grondait Patrick Mennucci, qui avait déjà fait les frais d'un tel chahut lors d'une récente réunion sur la sécurité aux abords de La Canebière. Médusé, écœuré, le public, s'y mettait aussi, timidement : «Mais qu'est-ce que c'est que cette foire ?», s'énervait ainsi Claude Tabet, présidente du CIQ de Saint-Mauront. Peine perdue.

À 18h30, soit une heure après le début de cette réunion avortée, les élus décidaient d'un commun accord de lever le camp. «À partir du moment où l'on ne peut pas débattre, je ne vois pas l'intérêt de rester», indiquait en aparté Guy Teissier. C'est à ce moment qu'une jeune femme se jetait sur le rang des élus et les aspergeait copieusement de peinture jaune. Eugène Caselli était accablé, et presque muet : «C'est déplorable», lâchait-il avant de quitter la salle. À 19h, l'adjointe Caroline Pozmentier déposait plainte au commissariat à la suite de son agression.

Delphine Tanguy, La Provence, 18 février 2011.


[Source Juralibertaire] http://juralibertaire.over-blog.com/

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